Avifaune du plateau

 

Situé aux confins de la Haute-Loire et de l’Ardèche, le massif du Mézenc est une frontière naturelle entre les hauts plateaux rigoureux du Velay et les reliefs méditerranéens tourmentés du Haut-Vivarais. Il recèle une avifaune particulièrement riche, grâce à la grande diversité des milieux rencontrés.

Les oiseaux nicheurs :

Seuls les plus représentatifs seront mentionnés ici, le nombre total d’espèces avoisinant la centaine.

1) Rochers, éboulis et pelouses rases :
Le merle de roche (synonyme : monticole de roche) : ce petit merle très coloré est l’un des oiseaux les plus remarquables du massif. Il colonise les pointements rocheux du sommet desquels le mâle émet son chant mélodieux.

 

monticole

Monticule de roche

Photo. : C. CHAIZE

Le rouge-queue noir, qui s’installe volontiers dans les villages, niche ici dans son milieu d’origine.

Le traquet motteux s’observe facilement, perché bien en vue, à l’affût des insectes qui constituent son menu.

Le pipit spioncelle ne se reproduit que sur le secteur du Mézenc où il apprécie une végétation rase ponctuée de rochers

2) Falaises :
Le grand corbeau construit son nid de branchages sur une vire. Très démonstratif, notamment pendant les parades nuptiales, il accompagne ses acrobaties de cris gutturaux.

Le faucon crécerelle utilise le même site, mais pond directement sur la roche. Son vol de chasse est caractéristique : il bat des ailes très vite en restant sur place.

faucon crécerelle

Faucon crécerelle

Photo. : C. CHAIZE

L’hirondelle de rochers accroche son nid de boue séchée contre la paroi. Grâce à son plumage brunâtre, elle se confond parfaitement avec son milieu.

Le hibou grand-duc (synonyme : grand-duc d’Europe.) anime les froides nuits d’hiver de son chant grave et sonore : “Hou-oh”.

Ces deux dernières espèces atteignent ici des altitudes record pour leurs sites de nidification.

3) Landes à genêts, broussailles :
Le tarier pâtre : de son poste de guet, il exhibe son beau plumage coloré de noir, de blanc et d’orangé.

La pie-grièche écorcheur empale ses proies – insectes, mulots, petits oiseaux – sur des buissons épineux, constituant ainsi des réserves de nourriture.

Le bruant jaune ainsi que le bruant fou, plus rare, répètent inlassablement leur chant monotone, renversant la tête de manière typique.

Accenteur mouchet, linotte mélodieuse, fauvette grisette sont également des hôtes de ce milieu.

accenteur alpin

Accenteur alpin

Photo. : C. CHAIZE

4) Zones humides, tourbières :
Le busard cendré trouve ici un endroit favorable à l’installation de son nid au sol, caché dans la végétation dense. On dénombre une quinzaine de couples sur les plateaux entre Mézenc et Meygal.

Le vanneau huppé : au cours de la parade nuptiale, le mâle réalise des vols acrobatiques, à grand renfort de bruit d’ailes et de cris.

La pie-grièche grise guette ses proies du haut d’un buisson.

pie grièche

Pie grièche grise

Photo. : C. CHAIZE

Le pipit farlouse se signale par son chant émis en vol descendant, ailes et queue déployées faisant office de parachute.

La bergeronnette printanière niche ponctuellement dans les marais. En migration, elle se déplace en petits groupes, chassant les insectes au milieu des troupeaux.

La grive litorne colonise les bosquets de pins proches des zones humides. En hiver, ses effectifs augmentent fortement avec l’arrivée des oiseaux nordiques.

5) Prairies, pâturages :
Le tarier des prés est omniprésent sur les plateaux. Perché en évidence sur une ombellifère ou un piquet, il fait entendre son chant discret mais agréable. Il imite aussi à la perfection d’autres espèces.

tarier des prés

Tarier des prés

Photo. : C. CHAIZE

L’alouette des champs et sa cousine, l’alouette lulu, se repèrent facilement grâce à leur ritournelle émise en vol ascendant.

La caille des blés : sur le massif du Mézenc, c’est dans les prairies (et non dans les blés !) que ce petit gallinacé se signale par son chant bien connu, traduit par l’expression « paye tes dettes ».

Le busard cendré s’installe également dans ce type de milieu
Mais l’intensification des pratiques agricoles (ensilage et fauches précoces, piétinement par les troupeaux…) compromet fortement ses chances de survie. En accord avec les exploitants, les nids peuvent être protégés par un grillage ou un fil de clôture.

busard cendré

Busard cendré

Photo. : C. CHAIZE

Ces immenses espaces ouverts attirent aussi de nombreux rapaces nichant plus bas dans les vallées : buses, bondrées, milans, circaètes… Ils y trouvent des zones de chasse riches en proies.

circaète

Circaète Jean-le-Blanc

Photo. : C. CHAIZE

6) Forêts :
Le merle à plastron niche exclusivement sur le massif du Mézenc, en lisière des forêts de conifères. Il voisine avec le venturon montagnard, petit passereau granivore, verdâtre à nuque grise.

Le bec-croisé des sapins se suspend aux branches pour extraire des cônes les graines d’épicéa ou de pin. Il peut ainsi élever ses petits à tout moment, même en plein hiver.

Le cassenoix moucheté est noté dans les forêts au pied du Mézenc depuis 1994. L’augmentation du nombre de contacts laisse supposer sa nidification, sans preuve certaine. En automne, il enterre graines et noisettes, qu’il sera capable de retrouver sous la neige.

casse noix

Casse-noix moucheté

PhotO. : C. CHAIZE

Pic noir, bécasse des bois, autour des palombes, chouette hulotte, hibou moyen-duc, occupent aussi les forêts du massif.

7) Hameaux, villages :
L’hirondelle de fenêtre anime les bourgs de ses vols incessants lorsqu’elle nourrit ses jeunes sous les toits. Une belle colonie est installée aux Estables à 1350 m d’altitude.

La bergeronnette grise annonce, par son retour précoce, l’arrivée prochaine du printemps. Avec agilité, elle chasse les insectes sur les lauzes.

Le moineau soulcie, espèce méridionale, apprécie l’ensoleillement estival du plateau.

Martinet noir, hirondelle rustique, rouge-queue noir, eux aussi ne craignent pas la proximité de l’homme pour s’établir dans les villages.

8) Cours d’eau :

Le cincle plongeur marche ou nage sous l’eau pour capturer les larves aquatiques dont il se nourrit.

cincle

Cincle plongeur

La bergeronnette des ruisseaux hoche la queue, posée sur une pierre au milieu du courant. Son cri métallique est audible malgré le bruit ambiant.
Les oiseaux hivernants ou en halte migratoire :
La niverolle et l’accenteur alpin inspectent les landes ou les éboulis, à la recherche d’insectes et de graines.

Le tichodrome échelette se laisse parfois admirer, grimpant sur une falaise ou voletant au-dessus des crêtes.

Le pluvier guignard, arrivant de Scandinavie, fait halte occasionnellement au sommet du Mézenc. Très peu farouche, il se laisse approcher à quelques mètres.

Des bandes de tarins des aulnes et de pinsons du Nord se montrent çà et là, parfois en grand nombre.

Les oiseaux migrateurs :

Le massif du Mézenc est un axe migratoire important pour de nombreuses espèces : pigeons ramiers , rapaces (balbuzard pêcheur, aigle botté, milans, busards…), guêpiers, limicoles, canards, divers passereaux…

Les lacs, plans d’eau et zones humides constituent des zones d’accueil vitales pour les oiseaux aquatiques qui y trouvent la nourriture nécessaire à la poursuite de leur voyage.

Les visiteurs occasionnels :
L’aigle royal :
quelques individus pour la plupart immatures, sont aperçus chaque année, attirés sans doute par la présence des marmottes, leur proie favorite.

Les vautours fauves et moines :
Le développement de colonies assez proches (gorges du Tarn et de la Jonte, Vercors, Baronnies) nous permet d’observer ces magnifiques voiliers survolant les crêtes du massif , à la recherche de nourriture.

vautour fauve

Vautour fauve

Photo. : C. CHAIZE

Le gypaete barbu :
Depuis 2013, 3 oiseaux immatures, dont 2 issus du programme de réintroduction, ont été vus sur le secteur du Mézenc
Une telle richesse avifaunistique ne peut que nous encourager à protéger durablement le massif du Mézenc.

© APPEM 2015

 

Bibliographie :

Pour tout savoir sur les espèces à observer dans notre département : « Guide des oiseaux de Haute-Loire ». Ed. Jeanne d’Arc.

Pour identifier 320 espèces de France et d’Europe, un guide pratique à emporter (petit format) : « Oiseaux » collection « Nature en Poche ». Ed. Larousse.

Pour identifier tous les oiseaux d’Europe (848 espèces) avec descriptions, illustrations, cartes de répartition : « Le guide ornitho ». Ed. Delachaux et Niestlé.

Des ouvrages indispensables pour les passionnés qui veulent approfondir leurs connaissances : « Les passereaux » et « Les rapaces diurnes et nocturnes d’Europe » de Paul Géroudet , le « père » de l’ornithologie moderne. Ed. Delachaux et Niestlé.

Documents à lire :

Des statistiques qui donnent la chair de poule.
Oiseaux immatures , dont 2 issu du programme de réintroduction, ont été vus sur le secteur du Mézenc
Oiseaux / Champs d’éoliennes – un résumé de rapports sur la mortalité des oiseaux

© Dominique Vigier –