Les rochers des versants Sud

Souvent exposés au sud, ces rochers bénéficient d’un bon ensoleillement, mais sont sujet à la sècheresse, de plus les plantes ne peuvent s’installer que dans des fissures ou sur les replats, là ou un peu d’humus à pu s’accumuler. Ces rochers n’accueillent que des espèces adaptées aux milieux secs, dites espèces xérophiles. Beaucoup de ces espèces ont leur floraison au printemps (Floraison vernale) et disparaissent en été. D’autres espèces peuvent stocker dans leurs tissus l’eau qui leur est nécessaire pour supporter des périodes de sècheresse, elles présentent des feuilles charnues (plantes crassulentes ou plantes grasses), souvent disposées en rosettes à la base des tiges (orpins, joubarbes).

 

La Doradille du Nord

 

Une étrange petite fougère la Doradille du Nord: Asplenium septentrionale (L.) Hoffm. se rencontre dans les interstices des rochers, entre les blocs des clapiers et parfois sur les vieux murs. Fougère  de 5 à 15 cm, à limbe à  un ou plusieurs segments très étroits et allongés plus ou moins découpés au sommet  portés par un pédoncule bien plus long que le limbe, noir à la base. Sores confluents recouvrant toute la face inférieure des segments du limbe. Plante fréquente dans toutes les montagnes siliceuses, rare et en régression en plaine.

 

 

 

 

 

 

L’ail de Lusitanie

 

Plante des montagnes du quart sud-est de la France, l’ail de Lusitanie ou ail des montagnes: Allium lusitanicum Lam., appartient maintenant à la famille des Amaryllidacées (anciennement alliacées). Cet ail pousse sur les pelouses sèches, les rochers, et les dalles rocheuses des sommets. Plante de 15 à 40 cm, à tige nue, à 3 – 8 feuilles à la base, très fines, non carénées (pliées longitudinalement en forme de carène). Cet ail possède de nombreuses fleurs  de couleur purpurine qui forment une ombelle serrée, hémisphérique. Ces fleurs sont portées par des pédicelles deux fois plus longs qu’elles et leurs étamines dépassent généralement les tépales (pétales et sépales de forme et de couleur identique) à la floraison. Plante présente uniquement sur le versant Ardéchois.

 

 

La lunetière d’Auvergne

 

Petite lunetière ne dépassant pas environ 30 cm, la lunetière d’Auvergne: Biscutella arvernensis Jord., appartient à la famille des Brassicacées. Elle se reconnait à ses tiges possédant des feuilles assez nombreuses, à base dilatée entourant légèrement la tige, incisées-dentées. Ses fleurs jaunes  sont groupées en un corymbe court et dense. Les fructifications ou silicules, groupés par deux côte à côte (comme chez toutes les lunetières) peuvent atteindre 1 cm de large, elles évoquent une paire de lunettes d’où le nom de la plante. C’est une plante endémique des replats rocheux et pelouses rocailleuses des montagnes de l’Auvergne et la Haute Ardèche.

 

 

 

Le chou-giroflé des montagnes

 

Autre plante de la famille des brassicacées (ou crucifères) : le Chou-giroflé des montagnes : Coincya monensis subsp. montana (DC.) B. Bock se rencontre sur les rochers,  éboulis, landes et bord des  chemins sablonneux. c’est une plante assez robuste de 20 à 70 cm, dressée, plus ou moins rameuse, hérissée de poils à la base, ses feuilles munies d’un pétiole, sont profondément divisées en plusieurs segments profonds. Fleurs en grappe courte, jaunes assez grandes à sépales dressés, silique de 3 à 7 cm, étalées-dressées. La sous-espèce montana est dans les Flores actuelles regroupée avec l’espèce : Coincya monensis subsp. cheiranthos (Vill.) Aedo, Leadlay & Muñoz Garm. Pour ne former qu’une seule espèce.

 

 

 

Le siléne des rochers

 

Petite plante glauque et glabre de 5 à 25 cm. le silène des rochers : Atocion rupestre (L.) B. Oxelman (Synonyme : Silene rupestris L.) présente des tiges grêles, des feuilles lancéolées aiguës, celles de la base obtuses. Son inflorescence est en panicule très étalée. Les fleurs dressées portées par de longs pédoncules, possèdent cinq pétales blancs ou rose pâle, échancrés au sommet,  leur calice est court, en forme de tube dilaté muni de cinq dents ovales-obtuses au sommet. C’est une plante des montagnes: Vosges, Alpes, Massif Central, Pyrénées, Corse ; poussant sur des roches acides. Se rencontre également dans les landes et pelouses rocailleuses, voire les bords de chemin sablonneux  (Suc de Sara).

 

 

La Centaurée pectinée

 

Sur les rochers ensoleillés, presque jusqu’au sommet du Mézenc, peut se trouver la Centaurée pectinée: Centaurea pectinata L. Cette belle centaurée de la famille des astéracées, atteignant 50 cm., à une tige ramifiée, et des feuilles de couleur vert -grisâtre. Elle se distingue des autres centaurée locales par la forme de ses bractées (Feuilles modifiée entourant l’involucre portant les fleurs). Ces bractées sont munies d’une longue pointe recourbée vers l’extérieur de couleur fauve, et pectinée (en forme de peigne, d’où l’adjectif pectinata donné à la plante). Fleurs roses (rarement blanches) C’est une plante du sud de la France à aire de répartition centrée sur les Cévennes. Elle peut se rencontrer à basse altitude et dans d’autres milieux…

 

 

 

L’œillet du granite

 

A partir de juillet, l’œillet du granite :  Dianthus graniticus Jord., illumine les rochers volcaniques ou granitiques de ses fleurs à cinq pétales rose-vif, sans cercle pourpre vers le centre, et devenant un peu plus pâle vers le centre de la fleur. C’est une plante de 10 à 50 cm, à tige grêle dressée portant de 1 à 5 fleurs, à feuilles linéaires, écartées de la tige, celles de la bases très étalées.  Le calice tubuleux  ne dépasse pas 15 mm, avec un calicule (écailles entourant la base du calice) court, à pointe effilée dépassant à peine le tiers du calice. Cette plante endémique du massif central (Loire, Haute Loire, Cantal, Lozère et Aveyron), peut se rencontrer à plus basse altitude par exemple dans la vallée de la Loire, et Ardèche dans les Boutières ou les Cévennes Ardéchoises.

 

 

L’épervière à feuilles embrassantes

 

Espèce de la famille des Astéracées, l’Epervière à feuilles embrassantes: Hieracium amplexicaule L. appartient à un groupe d’espèces qui sont difficiles à déterminer. Certains caractères permettent toutefois de déterminer cette épervière ou du moins le groupe auquel elle appartient. C’est une plante d’environ 50 cm rameuse, assez robuste, entièrement visqueuse couverte de poils glanduleux. Les feuilles de la base sinuées dentées et munies d’un pétiole ailé, forment une rosette; celles de la tige à base élargie, embrassent la tige (feuilles amplexicaules). Plantes des Alpes, du Massif Central et des Pyrénées. Comme beaucoup d’espèces des rochers ensoleillés, elle peut se trouver à des altitudes plus basses.

 

 

 

La marguerite de Montpellier

 

Plante présente dans le massif du Mézenc, jusqu’à plus de 1300m d’altitude, la Marguerite de Montpellier: Leucanthemum monspeliense (L.) H.J.Coste, atteste des influences méditerranéennes qui s’infiltrent à la faveur des vallées méridionales. C’est une belle Marguerite qui croit en touffes, à tiges rameuses, dressées ou étalées, à feuilles profondément divisées en segments étroits, divergents et étalés. Les capitules de fleurs d’environ cinq centimètres sont portées par des pédoncules longuement nus au sommet. Ces capitules sont semblables à ceux de la Marguerite vulgaire. Plante endémique du Massif Central et des Pyrénées Orientales, surtout abondante dans les Cévennes.

 

 

 

La potentille de Crantz

 

Petite potentille de 5 à 25 cm. de haut, à fleurs munies de cinq pétales jaunes plus foncés  au centre, La potentille de Crantz: Potentilla crantzii (Crantz) Beck ex Fritsch de la famille des rosacée est très proche de la potentille dorée: Potentilla aurea L., que l’on rencontre dans les pelouses ou les landes à airelles. Elle diffère de cette dernière par sa tige dépassant les feuilles, munie de poils étalés (Appliqués sur la tige chez Potentilla aurea), par ses feuilles à cinq folioles non argentées soyeuses sur les bords, et à dent terminale au sommet des folioles presque égale aux autres dents (plus petite chez P. aurea). Peut être également confondue avec la potentille du printemps: Potentilla verna L., à tiges étalées dépassant à peine les feuilles et  formant des touffes plus ou moins lâches dans les pelouses les prairies et sur les talus. Plante plus précoce que la potentille de Crantz.

 

Rumex

 

 

 

Le sedum de Forster

 

Les Sedum ou Orpin forment un genre de « plantes grasses » appartenant à la famille des Crassulacées, plusieurs espèces de ce genre sont  inféodées aux milieux rocheux. Le sedum de Forster : Sedum forsterianum Sm. est l’une de ces espèces ; elle est proche du sedum des rochers : Sedum rupestre L. C’est une petite plante de 15 à 30 cm, poussant en colonies denses. Plante glabre à souche produisant de nombreux rejets stériles, à fleurs jaunes disposées en corymbe dense. Il se distingue du Sédum des rochers par ses rejets stériles à sommet court globuleux ou plus ou moins conique (Rejets stériles à sommet allongé et plus lâche chez le sédum des rochers) , et par ses feuilles grêles linéaires et à face supérieure aplatie et ponctuée (feuilles cylindriques et non ponctuées chez le sedum des Rochers) Plante fréquente en montagne où elle atteint l’étage  subalpin.

 

Le sedum à feuilles épaisses

 

D’autres Sédums tel le sédum à feuilles épaisses: Sedum dasyphyllum L. peuvent  se rencontrer sur les rochers basaltiques. Petite plante de 4 à 10 cm à nombreux rejets stériles dressés, à feuilles petites de couleur bleuâtre, celles de la tige opposées, plus grosses, hémisphériques, parfois couvertes de petits poils glanduleux dans le haut (observer à la loupe !), Les Feuilles de couleur glauque à la base, deviennent souvent rougeâtres au sommet ainsi que la tige. Les fleurs  blanches ou d’un blanc rosé, sont disposées en corymbe. Plante répandue dans les Alpes, le Massif Central et les Pyrénées, avec quelques stations disséminées en plaine  au centre et au nord  de la France.

 

 

 

 

Le sedum des montagnes

 

Sedum des montagnes: Vosges, Alpes, Massif Central, Pyrénées et Corse, le sedum annuel: Sedum annuum L., se rencontre sur les rochers des étages montagnards et subalpins, parfois sur les vieux murs. C’est une petite plante de 4 à 10 cm. glabre à tiges grêles, sans rejets stériles ; feuilles linéaires-cylindriques. Fleurs jaunes à pétales lancéolés-aigus. (A ne pas confondre avec Le sédum acre beaucoup plus répandu, à feuilles imbriquées courtes ovoïdes triangulaires produisant des rejets stériles et formant des touffes denses.) D’autres espèces d’orpins se rencontrent dans notre région du Mézenc: l’orpin blanc: Sedum album L. ; l’orpin rougeâtre: Sedum rubens L., l’orpin pourpier : Sedum cepaea L. etc.

 

 

 

 

Joubarbe tectorum et toile d’araignée

 


Deux Joubarbes sont présentes dans le massif du Mézenc : la Joubarbe toile d’araignée, Sempervivum arachnoideum L., présente dans les Alpes, le Massif central et les Pyrénées et la Joubarbe des toits également montagnarde mais plus largement répandue, avec des stations dans l’ouest et le nord de la France ; Toutefois une sous-espèce de cette dernière : Sempervivum tectorum subsp. arvernense (Lecoq & Lamotte) Rouy & E.G.Camus, la joubarbe d’Auvergne, est une plante endémique du Massif Central qui se rencontre dans la région du Mézenc. C’est une plante de 10 à 25 cm. à feuilles de la base à face pubescente dans leur jeunesse disposées en rosette de 4 à 5 cm.,  à fleurs d’un rose assez vif.

 

Joubarbe tectorum

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A plus basse altitude on rencontre la sous-espèce tectorum : Sempervivum tectorum L. subsp. tectorum, plus élancée, 20 à 50 cm., avec des rosettes de feuilles à face glabre de 5 à 8 cm et des fleurs d’un rose plus pâle. Cette dernière sous-espèce est largement cultivée près des habitations comme plante ornementale, et autrefois, plantée sur les toitures ou elle était censé protéger les habitations de la foudre. Plante des montagnes, plus rare et localisée dans les plaines.

 

Joubarbe toile d’araignée

 

Moins élevée et moins robuste que la Joubarbe des toits, la Joubarbe toile d’araignée : Sempervivum arachnoideum L., est une plante de 5 à 15 cm. formant des colonies denses de rosettes stériles de 1,5 à 2 cm de diamètre, à feuilles reliées entre elles par de longs poils blancs simulant au sommet des rosettes une toile d’araignée (arrivant à cacher les feuilles centrale chez la variété tomentosa). Fleurs  rose vif ou rouges  d’un diamètre de 1,5 à 2 cm. Plante des étages montagnard et subalpin des Alpes, Massif Central et Pyrénées.