Pâturages humides

La région du Mézenc est la plus froide et la plus arrosée du département de la Haute-Loire. A ces caractéristiques climatiques s’ajoutent des milieux très divers. Les prairies ou pelouses hygrophiles recouvrent des substrats humides. Leur diversité  s’accroit encore en fonction de l’origine de cette humidité, (résurgence, affleurement de la nappe d’eau  ou tout simplement inondations saisonnières), et de la température de l’eau. En effet les eaux de source ont une température positive à leur sortie du sol. Cela permet l’émergence de végétation printanière précoce (Groupement: Cardamine des près, Vulpin, Populage des marais) bénéficiant du réchauffement du substrat. Peu fauchées, ou simplement pâturées, ces prairies  constituent un habitat spécialisé abritant de nombreuses espèces intéressantes.

 

Prairies humides

 

Le cortège floristique se caractérise par un grand nombre de plantes graminoïdes. Les très caractéristiques joncs aux tiges rondes et creuses, les laiches ou Carex plus discrets aux tiges de section triangulaire, les linaigrettes aux fameux panaches blancs  croisent un nombre important d’espèces rares voire menacées telles que des Orchidées ou Œillets, Sedum et saxifrages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Alchemilles

 

Genre complexe de la famille des Rosacées, les Alchémilles du groupe vulgaris comptent plusieurs espèces : Alchemilla xanthochmora, A. glabra, et quelques espèces moins fréquentes. Elles se distinguent du groupe Alpina (ainsi que les Alchémilles du groupe hybrida, se rencontrant dans des milieux moins humides) par leurs feuilles possédant 7 à 11 lobes ne dépassant pas le tiers de la feuille. Plantes pouvant atteindre 50 cm, à feuilles assez grandes, vertes sur les deux faces. Leurs fleurs d’un vert-jaunâtre sont groupées en glomérules formant une cyme allongée le long de la tige. Plantes se rencontrant dans les prairies très humides ou (hygrophiles), aux bords des sources et des ruisseaux dans toutes les montagnes de France des Ardennes aux Pyrénées et quelquefois en plaine : Nord, Normandie.

 

 

La Reouée bistorte

 

La Renouée bistorte, bouïne dans le langage local, se classe désormais dans le genre Bistorta sous le nom de Bistorta officinalis Delarbre (Synonyme : Polygonum bistorta L.). C’est une plante vivace à racine épaisse et  tordue, à tige simple atteignant 80 cm., terminée par un épis dense, cylindrique, de petites fleurs roses. Les feuilles sont de couleur glauque, celles de la base ont le limbe obtus au sommet, brusquement rétréci a sa base, se poursuivant le long du pétiole (Limbe décurrent); celles de la tige peu nombreuses à limbe aigu au sommet, sont sessiles et embrassent la tige,  elles sont munies à leur base d’une gaine non cilié, entourant la tige, appelée ochréa. Plante pouvant être abondante dans les prairies et autres formations ou elle signale de loin la forte humidité du milieu. Elle est utilisée dans la région pour la confection de délicieuses soupes.

 

 

La Cardamine des prés

 

Appartenant à la famille des Brassicacées (ex : Crucifères), la Cardamine des prés Cardamine pratensis L., égaie de ses fleurs assez grandes, à quatre pétales lilas, le bord des ruisselets et les endroits les plus humides des prairies. Sa tige de 30 à 40 cm. simple, possède des feuilles inférieures composées de folioles ovales arrondies, la terminale un peu plus grande (Feuilles Lyrées) celles de la tige ont des folioles plus étroites et toutes égales. Les fleurs sont disposées en grappe qui s’allonge en cours de fructification. Ses fruits  étroits et allongés, formés de deux valves séparées par une cloison, sont appelés siliques. Plante répandue dans tout le pays plus rare dans le midi. Plante pouvant être consommée sous le nom de Cressonnette.

 

 

 

La Crépides des marais

 

La crépide des Marais : Crepis paludosa (L.) Moench appartient à la famille des Astéracées. C’est une plante de 30 à 60 cm., se rencontrant dans les près très humides, les bords de ruisseaux et des tourbières (bas marais). Ses feuilles de la base, munies d’un pétiole, sont sinuées ( à bords ondulés) et  sont disposées en rosette, celles de la tige lancéolées et acuminées, sont sessiles et embrassent la tige par deux oreillettes. Les capitules de fleurs jaunes toutes ligulées, sont portés par des pédoncules poilus-glanduleux disposés en corymbe. Les fruits sont des akènes aussi longs que l’aigrette plumeuse qui les surmontent. Présente dans toutes les montagnes de France continentale.

 

 

 

 

La dactylorhize maculée

 

La Dactylorhize maculée:  Dactylorhiza maculata (L.) Soó, est une des orchidées les plus fréquentes de la région du Mézenc. D’une taille de 25 à 60 cm, cette plante possède une tige pleine, dressée, Feuilles oblongues ou lancéolées, maculées de brun plus ou moins foncé. Fleurs rosées, ou lilas  plus ou moins foncées, rarement blanches, disposées en épis cylindrique se resserrant au sommet. Chaque fleur est sous-tendue par une bractée herbacée, nervée en réseau, majoritairement plus courte qu’elle. Labelle à trois lobes arrondis et crénelés le médian plus petit, décorés de lignes ou de ponctuations plus foncées. Se rencontre dans des milieux très humides mais peut supporter une sècheresse temporaire. Orchidée présente dans toute la France, plus particulièrement en montagne.

 

 

La Dactylorhize de mai

 

Proche de la dactylorhize maculée, la dactilorhyze de mai : Dactylorhiza majalis (Rchb.) P.F.Hunt & Summerh., est une robuste orchidée qui se distingue de cette dernière par ses fleurs de couleur pourpre-violacé à lignes et tiretés d’un pourpre très foncé. Ses feuilles larges écartées latéralement de la tige, sont souvent maculées de tâches brun foncé à noires disposées en travers du limbe. Bractées florales souvent colorées de pourpre, nervées en réseau. Labelle formé de trois lobes. Plante se rencontrant surtout dans les montagnes et çà et là dans la moitié est de la France…

 

 

 

 

 

L’œillet superbe

 

Rarissime joyaux des prairies humides l’Œillet superbe: Dianthus superbus L. est une plante assez élevée de 40  à 70 cm, à tige parfois ramifiée portant une ou deux fleurs au sommet ; feuilles molles écartées de la tige, lancéolées-linéaires. Fleurs grandes jusqu’à 5 cm. Pétales poilus à la gorge, découpés en lanières jusqu’au-delà du milieu, d’une couleur rose ou liliacée assez pâle. Le calice strié sur sa longueur est doublé à la base par un petit calicule dont les écailles, munies d’une pointe, atteignent environ le quart du calice. L’Œillet superbe est une plante très rare se rencontrant de l’étage collinéen à subalpin des montagnes, rarissime en plaine ; très rare dans la région du Mézenc.

 

 

 

 

Les Knauties

 

Les Knauties, de la famille des Caprifoliacées, souvent confondues avec les scabieuses dont elles diffèrent par le réceptacle hérissé de soie et non garni de paillettes, et aussi dans la région, par leurs feuilles non découpées en lanières comme chez la Scabieuse colombaire, (la seule  scabieuse présente dans le massif du Mézenc.) Plusieurs Knauties se rencontrent dans le massif du Mézenc : K. Arvensis, K. dispacifolia, K. arvernensis, toutes de détermination très délicate. Les fleurs de toutes ces plantes varient du rose au violet plus ou moins foncé. Ce sont des plantes assez élevées, plus ou moins velues, ramifiées dans le haut, portant au sommet des tiges des capitules hémisphériques. Les feuilles sont parfois entières et allongées ou découpées en lobes plus ou moins profonds à la base.. La Knautia basaltica semble être une plante endémique du Massif Central, et Knautia arvernensis du Massif central et des Pyrénées.

 

Le Narcisse des poètes

 

Le Narcisse des poètes: Narcissus poeticus L., en fin de la floraison des  jonquilles, recouvre d’un blanc manteau les prairies les plus élevées du massif du Mézenc. Appartenant à la famille des Amaryllidacées comme les  Jonquilles c’est une belle plante atteignant 50 cm, à tige droite naissant d’un gros bulbe ovale ainsi que les trois à cinq feuilles linéaires presque aussi grandes qu’elle. Fleur solitaire (rarement par deux), penchée, odorante, portée par un pédoncule sortant d’une spathe plus longue que lui . Périanthe à six divisions d’un blanc pur terminées par une petite pointe (mucron), au centre une petite couronne jaune pâle est bordée d’un liseré rouge. Plante particulièrement abondante dans la Margeride ou elle est récoltée pour la parfumerie. Plante surtout présente en montagne, en régression en plaine.

 

 

La Jonquille

 

Le Narcisse Faux-Narcisse: Narcissus pseudonarcissus L., appelé « Jonquille » dans la région couvre dès la fin mars à l’étage montagnard, les prairies de fauche humides, ainsi que les berges des forêts riveraines ; floraison qui va se poursuivre en altitude jusqu’au début du mois de juin sur les plus hauts sommets. Plante à gros bulbe de 10 à 40 cm de haut à feuilles étroites, linéaires aussi longues que la tige. Fleurs toutes jaunes, solitaires, grandes, inodores, penchées, portées par un pédoncule sortant d’une spathe membraneuse ; Périanthe à six divisions (tépales) étalées, au centre une longue couronne évasée et dentelée au sommet, d’un jaune plus foncé que les tépales. Plante très abondante dans la région, présente dans une grande partie de la France  surtout  en  montagne.

 

 

 

La Raiponce globulaire

 

La Raiponce globulaire: Phyteuma orbiculare L., appartient à la famille des Campanulacées et se rencontre dans les prairies humides. Elle se distingue du groupe des raiponces en épis : Phyteuma spicatum,  par son capitule de fleurs globuleux (allongé et plus ou moins conique chez P. gallicum). Ses feuilles assez larges en forme de cœur à la base et longuement pétiolées la distingue de la Raiponse hémisphérique aux feuilles linéaires filiformes que l’on rencontre sur les rochers et pelouses subalpines. Fleurs bleues, à corole découpée presque jusqu’à la base en cinq  lobes , étalés à maturité.

 

 

 

 

 

 

Le Grand boucage

 

Grande Apiacée (ex: ombellifère) dépassant le mètre, le grand boucage: Pimpinella major (L.) est une plante des prairies humides. Sa tige anguleuse-sillonnée se ramifie dans sa partie supérieure. Ses feuilles radicales se composent de 5 – 9 folioles ovales, dentées, la terminale souvent trilobée. Fleurs disposées en ombelles et ombellules dépourvues d’involucre de bractées à leur base et d’involucelle ; corole à pétales blancs (rarement rosés), émarginés, recourbés en pointe en dedans. Plante présente dans une grande partie de la France.

 

 

 

 

 

 

Le trèfle brunissant

 

Trèfle des prairies humides de montagne, le Trèfle brun-rouge ou Trèfle brunissant Trifolium spadiceum L. doit son nom vulgaire à la couleur de ses fleurs qui de jaunes deviennent brun foncé en se fanant. Plante à tige dressée atteignant 30 cm, sans feuilles à la base, feuilles supérieures opposées. Panicule de fleurs allongées porté par un pédoncule grêle, (à ne pas confondre avec le Trèfle bai: Trifolium badium Schreb., plante des pelouses acidiphiles à fleurs également jaunes, mais devenant d’un brun clair à la fanaison, disposées en tête globuleuse, portée par un pédoncule épais, et à souche émettant des faisceaux de feuilles, bien plus rare dans la région que le trèfle brunissant.) Plante des Vosges, Jura, Alpes, Massif Central et Pyrénées.

 

 

 

Le Vérâtre blanc

 

Plante robuste dépassant souvent le mètre, le vérâtre blanc: Veratrum album L. de la famille des Melanthiacées, se remarque de loin grâce à sa grande panicule allongée de fleurs blanches. Ses feuilles alternes sont disposées en spirale le long de la tige, elles sont amples, ovales, embrassantes, et évoquent celles de la gentiane jaune (qui possède des feuilles opposées ; lorsque ces deux plantes sont fleuries toute confusion est impossible). Fleurs nombreuses, à 6 divisions denticulées (tépales), courtement pédonculées, de couleur blanche ou d’un vert jaunâtre). Toute la plante est hautement toxique, en particulier la racine. Dans toutes les montagnes : Vosges, Jura, Alpes, Massif Central et Pyrénées.

 

 

 

Le Séneçon à feuilles spatulées

 

Grande Astéracée, de 40 à 80 cm de haut, le Séneçon à feuilles spatulées: Tephroseris helenitis (L.) B.Nord. est assez présent dans les prairies élevées et humides du massif du Mézenc. Il possède une tige robuste, simple, striée, blanchâtre, couverte de poils laineux. Feuilles entières ou crénelées, celles de la base à limbe se prolongeant sur le pétiole, en forme de spatule , vertes en dessus, velues blanches en dessous ; celles de la tige de taille rapidement et étroitement décroissantes sont sessiles ou demi-embrassantes. L’Inflorescence  en forme d’ombelle,  est formée de capitules de fleurs jaunes, tubulaires et ligulées, Involucre blanchâtre, laineux . Plante présente surtout dans les montagnes plus dispersée  dans le nord de la France.