Bords des sources, ruisseaux et forêts riveraines

Au printemps, une végétation naissante signale les sources et les rives des ruisseaux dans les près à l’herbe encore jaunie par un long hiver. Près des sources se rencontre la Montie des fontaines aux fleurs blanches, minuscules, la Cardamine amère dessine un liseré blanc le long des rives des ruisselets, associée avec le Caltha des marais au jaune éclatant ; ensuite une grande renonculacée la renoncule à feuille d’aconit et des ombellifères prennent le relais : l’Antrisque sylvestre, le Cerfeuil hirsute, La benoîte des ruisseaux. Quand le cours d’eau prend une certaine importance une petite forêt s’installe sur ses rives composée de Saules et de l’Aulne glutineux, elle renferme une belle flore : Dorines, Moscatelline , Valériane officinale,  parfois des plantes rares : Gagée Jaune (Voir Hêtraies), Circée intermédiaire, Polémoine bleue.

 

La Cardamine amère

 

La Cardamine amère : Cardamine amara L. est une espèce de la famille des Brassicacées,  décorant au printemps, les bords des Sources et ruisselets de montagne de ses nombreuses fleurs blanches aux  quatre pétales  disposés en croix (d’où l’ancien nom de cette famille: les crucifères). Plante de 15 à 60 cm poussant en touffe dense, glabre, à tige anguleuse, creuse et ramifiée. Feuilles nombreuses, divisées en folioles larges obovales, anguleuses-sinuées. Les feuilles moyennes  possèdent la foliole terminale plus longue que large. A ne pas confondre avec le Cresson de fontaine, Nasturtium officinale R Br., à saveur piquante et non amère et à feuilles terminées par un lobe terminal arrondi en cœur à la base. Dans toutes les montagnes (sauf en Corse) le Nord de la France et la Normandie.

 

 

Le Cerfeuil hérissé

 

Le Cerfeuil hérissé : Chaerophyllum hirsutum L. de la famille des Apiacées (ou Ombellifères) affectionne les sols humides des bords des ruisseaux et des sources, les prairies humides et les mégaphorbiaies, dans les stations un peu ombragées. C’est une plante d’environ 1 mètre,  à tige creuse et striée, couverte de poils hérissés à la base, feuilles de deux à trois fois divisées en segments lancéolés. Ombelle à 6 – 20 rayons, dépourvue d’involucre de bractées à la base, ombellules pourvues d’une involucelle de 6 – 9 bractées ciliées, réfléchies vers le bas. Fleurs blanches (rarement roses) à pétales ciliés sur les bords (loupe!) Dans toutes les montagnes, absent de Corse.

 

 

 

 

La Dorine à feuilles opposées

 

Deux espèces de dorines se rencontrent en milieu très humide, bords des sources, et ruisseaux ombragés des forêts riveraines : la Dorine à feuilles alternes et la dorine à feuilles opposées. La Dorine à  feuilles opposées: Chrysosplenium oppositifolium L. , est une petite saxifragacée de 5 à 15 cm de haut formant souvent des tapis denses, à tige quadrangulaire, pubescente dans le bas , glabre dans le haut, à feuilles opposées courtement pétiolées, semi-orbiculaires, sinuées sur les bords. Fleurs très petites jaune verdâtre entourées de feuilles plus ou moins teintées en jaune, et formant un corymbe plat. La dorine à feuilles opposées est présente dans une grande partie de la France surtout dans le Massif Armoricain le Massif Central et les Pyrénées.

 

 

 

Dorine à feuilles alternes

 

La Dorine à feuilles alternes Chrysosplenium alternifolium L. est très proche de la dorine à feuilles opposées, elle est toutefois un peu plus robuste atteignant 20 cm de haut, sa tige triangulaire porte un petit nombre de feuilles alternes (disposées l’une au dessus de l’autre). Feuilles de la base plus grandes et longuement pétiolées. Inflorescence comme l’espèce précédente mais généralement plus large et plus colorée. Plante présente surtout en montagne, rare en plaine, dans le Nord-est,  les Vosges, le Jura, les Alpes, le Massif Central et les Pyrénées Orientales.

 

 

 

 

 

 

La Circée intermédiaire

 

Plante dédiée à la magicienne de l’antiquité Circée, la Circée intermédiaire: Circaea x intermedia Ehrh. est une Onagracée de 20 à 30 cm de haut, à tige fragile légèrement poilue jusqu’au sommet. Feuilles opposées longuement pétiolées à limbe légèrement translucide, fortement dentées,  légèrement en forme de cœur à la base et terminées par une pointe effilée, Fleurs disposées en grappe non feuillée, à deux pétales blancs profondément échancrés au sommet. Les fruits sont des capsules couvertes de poils crochus. Plante hybride résultant du croisement entre Circaea alpina L. et C. lutetiana L. – Présente dans les forêts riveraines et ruisseaux forestiers. Ardennes Vosges, Jura, les Alpes de la Savoie et Préalpes du Nord, Le Massif Central  au sens large et les Pyrénées ou elle est rare.

 

 

L’Epilobe à feuilles d’Alcine

 

Appartenant également à la famille des Onagracées, l’épilobe à feuilles d’Alsine : Epilobium alsinifolium Vill., est un petit épilobe de 5 à 30 cm à stolons souterrains que l’on rencontre au bord des sources et ruisselets de montagne à l’étage subalpin. Il possède des feuilles opposées, longues de 2–4 cm, vert foncé, ovales-lancéolées, luisantes, bordées de dents courtes et espacées. Fleurs rose-lilas de 8 à 15 mm à stigmates en forme de massue. Plante appartenant au groupe des Epilobium alpinum comportant plusieurs espèces de morphologie proche et difficiles à séparer les unes des autres (E. Alsinifolium ; E. anagallidifolium ; E. nutans) présente dans le Jura, les Alpes, le Massif Central et les Pyrénées.

 

 

 

 

L’Epilobe de Durieux

 

Autre épilobe des bords des ruisseaux ombragés et des  mégaphorbiaies, l’épilobe de Durieux : Epilobium duriaei J.Gay ex Godr., plante de 10 à 40 cm, Se distingue d’autres épilobes par sa souche émettant des stolons jaunâtres et des fleurs d’un rose foncé à stigmates disposés en croix. Ses feuilles sont opposées à l’exception de celles qui sont situées sous l’inflorescence, elles sont assez minces, arrondies à la base et denticulées. Plante se rencontrant dans toutes les montagnes des Vosges aux Pyrénées.

 

 

 

 

 

 

 

La Benoîte des ruisseaux

 

Sur les bords des ruisseaux et dans les prairies humides se rencontre la benoîte des ruisseaux : Geum rivale L. , une Rosacée d’une taille de 20 à 60 cm, à feuilles formées de plusieurs segments foliaires arrondis, décroissants du sommet vers  la base , à segment terminal plus grand et trilobé. Fleurs à corolle, formée de 5 pétales roses, qui sont presque entièrement recouverts par les lobes pourpres du calice, formant une sorte de clochette penchée vers le sol et se redressant à la fructification. Les fruits sont des akènes surmontés d’une longue arête. Dans toutes les montagnes des Vosges aux Pyrénées ; très rare en plaine.

 

 

 

 

 

La Saxifrage étoilée

 

Plante de la famille des Saxifragacées, la saxifrage étoilée, récemment renommée depuis peu Micranthes stellaris (L.) Galasso, Banfi & Soldano (Synonyme : Saxifraga stellaris L.) fleurit aux étages montagnard supérieur et subalpin sur les rives des ruisselets et autour des sources, D’une hauteur de 10 à 20 cm cette saxifrage présente à sa base une rosette de feuilles luisantes, sans pétiole, assez épaisses, en coin à la base, plus ou moins dentées au sommet. Tige généralement sans feuilles ou ne portant que quelques bractées. Inflorescence en panicule lâche de fleurs à pétales blancs, marqués de deux points  jaunes à la base. Plante des Vosges, Alpes, Massif central, Pyrénées et de la Corse.

 

 

 

 

La Montie des fontaines

 

La Montie des fontaines ou mouron des sources : Montia fontana L. , poussant souvent dans l’eau ou en bordure des sources fraiches  et ruisselets de montagne, ou elle forme, sur des surfaces parfois étendues, des tapis serrés d’un vert clair évoquant de loin une mousse. Plante de 20 à 50 cm à tiges allongées  nombreuses avec des racines à la base couchées puis redressées, portant des feuilles opposées, en forme de spatule ou oblongues, un peu charnues. Les fleurs très petites, entourées de deux petites feuilles, possèdent des pétales blancs ; elles sont groupées par 2 – 5 en inflorescence latérale ou terminale. Dans toutes les montagnes siliceuses. Plante anciennement incorporée à la famille des Portulacacées actuellement des Montiacées ; elle est présente dans presque toute la France mais plus particulièrement dans les Vosges, le Massif Armoricain,  le Massif Central et les Pyrénées.

 

 

Le Grand pétasite

 

Le Grand pétasite ou Pétasite hybride, Petasites hybridus (L.) G.Gaertn., B.Mey. & Scherb., plante vivace de la famille des Astéracées apparait dès le mois de mars. Sa hampe florale, garnie d’écailles foliacées, est terminée par une grappe composée de nombreux capitules aux fleurs rosées toutes tubulaires. Ses feuilles toutes issues de la racine, apparaissent après la floraison ; elles sont longuement pétiolées, pubescentes ; leur limbe arrondi en forme de rein (réniforme) est profondément échancré à la base, échancrure bordée par une forte nervure continuant le pétiole; elles sont molles, vertes en dessus et vert blanchâtre en dessous; elles atteignent 50 cm de diamètre.

 

 

 

 

La Grassette à grandes fleurs

 

Les grassettes,  espèces du genre Pinguicula appartenant à la famille des Lentibulariaceae ; sont des plantes insectivores qui puisent une partie de leurs nutriments azotés à l’aide de leurs feuilles disposées en rosette basale. Deux espèces : la grassette vulgaire et la grassette à grandes fleurs : Pinguicula grandiflora Lam. , se rencontrent dans la région du Mézenc. Cette dernière espèce assez présente, se reconnait à ses grandes fleurs d’un violet pourpre,  à lobes inférieurs  de la corole se chevauchant, un long éperon, de grandes feuilles d’un vert jaunâtre à bords recourbés vers l’intérieur. Elles sont couvertes d’une substance visqueuse, paraissant grasse (d’où le non de la plante)  qui englue et digère de minuscules insectes, ne laissant que leur carapace chitineuse. Plante rare du Jura, des Alpes, du Massif Central et des Pyrénées .

 

 

La Grassette vulgaire

 

La grassette vulgaire ou langue d’oie: Pinguicula vulgaris L. est très proche de la grassette à grandes fleur : Pinguicula grandiflora Lam. Elle se différencie de cette dernière espèce par une taille généralement plus grêle, à corole d’un bleu violacé, à lobes inférieurs écartés les uns des autres. Elle pousse dans les mêmes milieux que la grassette à grandes fleurs. Surtout en montagne : Vosges, Jura, Alpes, Massif Central et Pyrénées. En voie de disparition en plaine.

 

 

 

 

 

 

 

La Polémoine bleue

 

Plante rare de la famille des Polémoniacées, la Valériane grecque (qui n’est pas une Valériane et qui n’est pas originaire de Grèce : ambigüité des noms vernaculaires) mieux nommée Polémoine bleue : Polemonium caeruleum L. est une belle plante fleurissant les rives des ruisseaux et rivières du massif du Mézenc. Atteignant 80 cm., elle possède des feuilles composées de nombreuses folioles entières (non dentées), ovales-lancéolées, très aiguës au sommet. Fleurs assez grandes à corole formée de 5 pétales soudés à la base, d’un beau bleu-violacé, tachés de  blanc à la base ; 5 étamines, saillantes à anthères d’un beau jaune-orangé. Plante rare en France dans les montagnes : Vosges, jura, alpes du Nord, et Massif Central – Plante parfois introduite comme plante ornementale.

 

 

 

La Grande renoncule à fleurs blanches

 

Grande Renoncule à fleurs blanches, la Renoncule à feuilles d’Aconit : Ranunculus aconitifolius L., illumine au printemps de leur floraison abondante, les rives des ruisseaux et  rivières, parfois dans les mégaphorbiaies, depuis le haut de l’étage collinéen  jusqu’à l’étage subalpin. Plante assez élevée atteignant 1 mètre, à rameaux étalés. Feuilles découpées en plusieurs segments dentés, celles de la base à segments principaux libres entre eux jusqu’au pétiole. Fleurs à cinq pétales, disposées en corymbe lâche; à étamines  nombreuses et portées par des pédicelles pubescents. Présente  dans les Vosges, le Jura, les Alpes, le Morvan, le massif Central et  les Pyrénées.

 

 

 

 

La Sagine fausse

 

Très rare en Auvergne, La Sagine fausse Sagine ou Sagine de Linnée : Sagina saginoides (L.) H.Karst. petite plante de la famille des Caryophyllacées fréquente les bords humides des sources et des tourbières de pente , les combes à neige. Plante glabre à tige de 5 à 10 cm, à feuilles linéaires, fleurs portées par un long pédoncule glabre à 5 pétales blancs arrondis, petits, ne dépassant pas les sépales. Distribuée aux étages subalpin et Alpin : Jura, Alpes, Auvergne et Pyrénées. Plante exceptionnelle dans le massif du Mézenc.

 

 

 

 

 

 

Le Saule à cinq étamines

 

Sous-arbrisseaux nains, arbustes ou arbres des lieux humides, les saules de la famille des Salicacées, sont des plantes dioïques à fleurs rudimentaires groupées en chatons unisexués, mâles et femelles disposées sur des pieds différents. Le Saule à 5 étamines: Salix pentandra L., est un Arbrisseau ou un arbuste de 3 à 12 mètres à jeunes rameaux glabres, luisants, à bourgeons recouverts d’une seule écaille, feuilles très courtement pétiolées, ovales ou elliptiques aigues au sommet, brillantes sur le dessus, dentées, à dents glanduleuses. Chatons apparaissant en même temps que les feuilles, fleurs mâles pourvues généralement de 5 étamines, Les femelles à capsule conique, glabre à style court. Plante surtout présente dans les montagnes.

 

 

 

La Saxifrage à feuilles rondes

 

On peut rencontrer la saxifrage à feuilles rondes : Saxifraga rotundifolia L. sur les rives des ruisseaux ombragés intra-forestiers ainsi qu’au pied des rochers suintants. C’est une plante à tige atteignant 60 cm ; ramifiée dans le haut, elle possède à la base des feuilles rondes assez grandes, fortement dentées, à dents triangulaires ou arrondies, longuement pétiolées. Feuilles de la tige  à pétiole se raccourcissant jusqu’à devenir sessiles au sommet. Inflorescence disposée en panicule lâche. Fleurs blanches à pétales étroits lancéolés ponctués de rouge ou de jaune. Aux étages collinéen à subalpin. Dans toutes les montagnes des Vosges au Pyrénées et en Corse.

 

 

 

 

Le Sédum velu

 

Rare sédum fréquentant les endroits très humides, le Sédum velu : Sedum villosum L. plante d’une quinzaine de centimètres au mieux, toute pubescente à poils glanduleux, à fleurs munies de pétales rose pâle à rose vif, à nervure centrale plus prononcée ; 10 étamines. Tige souvent rougeâtre, solitaire, plus ou moins ramifiée au sommet, qui possède des feuilles crassulescentes, linéaires-oblongues, planes sur le dessus. Sur les rives toujours humides des ruisseaux, rochers aux bords et aux pieds des cascades, tourbières, bords des sources. Présente dans toutes les montagnes, très rare en plaine.