LE JARDIN CLOS DU PRÉ NOUVEAU A ARCENS

RÉHABILITATION D’UN AMÉNAGEMENT PAYSAGER EN PIERRE SECHE,
LE JARDIN CLOS DU PRE NOUVEAU A ARCENS

Plan de situation :

Pour plus de détail sur la localisation cliquer sur le lien ci-dessous :

Y_Plan situation JC_PN

Description
Site emblématique construit à la fin du XIXème siècle sur le versant sud du géosite du Rocher volcanique de Soutron, ce jardin de terrasses est circonscrit par des murs d’enceinte en pierre de phonolite prise sur place. Représentatif de notre patrimoine historique local et du patrimoine ardéchois, il offre un exemple à la fois unique et remarquable de l’aménagement en terrasses des pentes de nos montagnes ardéchoises. Au milieu de plantations de sapins Douglas, ce jardin clos est resté un « monument », une sorte de « coin de paradis ». Entièrement aménagé par des ouvrages en pierre sèche révélant l’unicité et la très haute qualité des techniques constructives, l’espace a été pensé, dessiné, aucune pierre n’ayant été laissée au hasard. On y trouve une superbe écluse et un abri voûtés intégrés dans d’imposants murs de soutènement dépassant parfois les 4 mètres de hauteur, ainsi que des escaliers « volants » (succession de corbeaux) permettant de communiquer entre les différentes terrasses.
Ce n’est pas le cas pour les parcelles avoisinantes issues d’un aménagement pierre à pierre, action après action, au jour le jour ou génération après génération, pour répondre aux contraintes de la pente. Les ouvrages sont le fruit d’un long empilement de pierres, ouverts au fortuit et aux aléas de la pente, selon des gestes techniques sûrs mais non coordonnés par une unité de temps et un dessin directeur d’aménagement.
Suite aux récentes coupes de bois, le paysage initial est réapparu comme un écho au travail des générations passées, avant mécanisation. Ce jardin clos a été très longtemps cultivé pour produire des légumes et des céréales, jusqu’à sa transformation en une forêt de Douglas dans les années soixante. Pour mieux connaître son vécu, une collecte d’informations a débuté auprès de la population et par consultation d’archives en possession des descendants. Armés d’un bêchard, certains anciens se souviennent y être venus planter des pommes de terre et même semer du blé.


État de péril
Cet extraordinaire jardin clos a failli être ruiné lors de travaux de déforestation, travaux qui ont été stoppés à temps par l’intervention d’un membre d’une association patrimoniale locale. La commune d’Arcens a acheté la parcelle en juillet 2018 afin de stopper les opérations d’abattage conduites par le propriétaire de ce site enfoui au milieu d’une forêt privée de résineux recouvrant tout le versant sud. Actuellement, ce site forme un îlot de Douglas isolé sur un versant entièrement déboisé. Il s’avère nécessaire d’intervenir rapidement pour abattre les arbres, leur éventuelle chute, en période de tempête par exemple, représentant un réel danger pour les constructions.
Murets de clôture ou de soutènement, écluse et abri, tous ces ouvrages, malgré tout bien conservés en dépit des plantations de résineux, doivent être partiellement repris (brèches) ou révisés pour éviter leur dégradation et permettre au site de retrouver son état d’origine, et de vivre. En particulier, les couronnements des murets, qui permettent de maintenir les clôtures en bon état, sont à vérifier et éventuellement à corriger.
L’abandon de l’écluse a modifié le chemin de l’eau en amont, conduisant à créer un ventre dans le mur de soutènement en haut du site. Tous les appareillages de gestion de l’écluse, en amont comme en aval, doivent être nettoyés et réhabilités pour retrouver leurs fonctions initiales. De même, la cabane a été vandalisée : l’encadrement de la porte en pierre taillée a disparu. Il convient de restaurer la façade ainsi que la couverture en lauzes afin d’éviter une détérioration de la voûte en pierre sèche.

Projet de valorisation et d’animation :
Collectivité, associations patrimoniales et école vont participer à la réhabilitation de ce jardin clos afin de le promouvoir en tant qu’atout patrimonial, pédagogique, culturel et touristique.

le Département de l’Ardèche
la Région, via le Parc Naturel des Monts d’Ardèche
La Fondation du Patrimoine

Si vous souhaitez  aider à réhabiliter ce remarquable site en pierre sèche phonolite
recopiez le lien suivant dans votre moteur de recherche Internet :
https://www.fondationpatrimoine.org/les projets/jardin clos du pre nouveau a arcens

La forte esthétique architecturale de ce site patrimonial conduira à utiliser ce jardin clos comme support pédagogique pour organiser des chantiers participatifs sur le travail de la pierre sèche et son entretien (bénévoles, insertion…).
La qualité du sol permet l’implantation d’un verger communal collaboratif. L’idée est de poursuivre les travaux pédagogiques amorcés par un botaniste local, autour de la préservation et de l’entretien d’arbres fruitiers de variétés anciennes. Avec l’appui d’un architecte-paysagiste pépiniériste, des opérations d’entretien (taille, greffe…), ouvertes à tous, pourront être organisées. Ce site emblématique et son environnement paysager étant propices à l’organisation d’animations culturelles, un espace d’accueil sera aménagé sur la terrasse du bas (voir Projet d’aménagement).
Un projet pédagogique se met en place avec l’école communale d’Arcens. En s’appuyant à la fois sur la connaissance des éléments fondamentaux du site et sur l’histoire du lieu, les élèves suivront la rénovation du site (voir « Projet pédagogique » et « Explicatif préalable, dans devis Une pierre sur l’autre). En « s’appropriant » leur patrimoine, ils pourront accueillir d’autres écoles pour faire découvrir et partager cette connaissance. Ce projet participe à la formation d’une mémoire collective locale.

Un projet ethnographique sera conduit par une étudiante afin d’analyser les conditions et les processus qui conduisent à réhabiliter et faire vivre ce site aujourd’hui (rapport de l’homme à son territoire), par rapport à ceux mis en oeuvre lors de la construction du site. Ces travaux seront conduits par interviews de personnes qui ont connu ce site exploité dans le passé, et par analyse des archives disponibles. Ils donneront lieu à rédaction d’articles restituant les résultats des recherches, et à la publication d’un ouvrage final.
Ce lieu sera inscrit dans les haltes patrimoniales des circuits de découverte de type « De géosite en géosite », et de valorisation des ouvrages en pierre sèche d’Ardèche, et pourra s’articuler sur la Dolce Via, au départ de St-Martin-de-Valamas. Ce jardin clos constitue, avec la charmante chapelle implantée au sommet du rocher de Soutron, le deuxième trésor culturel et touristique de ce remarquable géosite du Géopark mondial Unesco des Monts d’Ardèche.

Travaux envisagés
Pour le protéger et lui redonner vie, ce site nécessite la réalisation de travaux techniques.
Après avoir abattu et débarrassé les résineux avec soin pour ne pas détériorer les murets et les autres ouvrages, il conviendra de refaire un inventaire de l’état des différents ouvrages en pierre sèche pour les restaurer afin que le site retrouve son état d’origine.
Les travaux concerneront la reprise des murs de soutènement le long de la calade et de la voie communale, la fermeture des brèches des murets de clôture, ainsi que la reprise des couronnements de tous les murets d’enceinte pour éviter leur dégradation. Les chemins d’eau alimentant l’écluse ainsi que les systèmes d’ouverture de la citerne seront nettoyés et restaurés. Les lauzes recouvrant l’abri et l’encadrement de sa porte seront replacés. Tous les ouvrages restaurés feront l’objet d’une étude spécifique qui sera restituée dans un document.
Après remise en état du sol, des fruitiers de variétés locales anciennes, et des arbustes de petits fruits rouges seront implantés pour créer un verger collaboratif. Un espace d’accueil sur la terrasse du bas (espaces ombragés) sera aménagé avec un mobilier fabriqué sur place avec les bois abattus.
Certaines actions comme la restauration du système d’écluse nécessiteront une étude préalable plus approfondie auprès d’autres ouvrages locaux similaires. Tous les travaux sont conduits en s’appuyant sur les conseils de la Fondation du Patrimoine, de la Direction de la Culture du Département et du PNR des Monts d’Ardèche.

LES TRAVAUX DE RESTAURATION & LEUR FINANCEMENT
Abattage et débardage d’arbres avec soin pour ne pas détériorer les murailles, et mise en stock sur la plate-forme communale à proximité du chantier……………………………………………………………… 22 000 € (HT)
Renforcement du pied de murailles sur le chemin avec apports de remblais pris à proximité, environ 400 m3……………………………………… 4 200 € (HT)
Visite-conseil architecte paysagiste pour aménagement du site…………….. 360 € (HT)
Etude, encadrement et restauration d’un aménagement paysager en pierre sèche, terrasses, murs, cabane et écluse………………………….. 43 000 € (HT)
(dont étude des aspects historiques, ethnographiques et naturalistes : 2 500 €)
Soit un total de 69 560 € (HT)
Les différents travaux seront financés par :
• des subventions : de la Région, par l’intermédiaire du Coup de pousse du PNR, et du Département via le FIPA (Fonds innovant en faveur des patrimoines ardéchois) ;
• des dons obtenus au cours de la campagne de mobilisation du mécénat populaire ouverte sur la plate-forme de la Fondation du Patrimoine. Les subventions du FIPA sont liées au montant des dons collectés lors de la souscription publique auprès des particuliers et des entreprises du 15 avril au 30 septembre (dons ouvrant droit à des réductions d’impôts).
Chaque restauration sera faite dans le respect des dimensionnements et techniques constructives originales. Ce qui implique un premier travail d’analyse et de compréhension de ces éléments. Ce travail se fait lors de la préparation préalable à la restauration, il est doublé d’un compte rendu technique qui note mesure et consigne les diverses observations. C’est ce constat technique qui préside ensuite à la restauration elle-même. Il s’agit bien d’une restauration à l’identique avec les mêmes matériaux. Il est à noter que ces matériaux sont restés en place.
Chacune de ces actions est également conçue comme ouverte au public dans le respect des normes de sécurité et de la finition des ouvrages dans les temps impartis : les équipes de référence seront disponibles pour des actions de partage de savoir, de transmission des gestes et techniques.
Ceci s’articulera selon trois axes ;
1/ des journées d’information lors desquelles les scolaires et tous publics pourront visiter et s’informer auprès des restaurateurs ;
2/ des stages participatifs lors desquels des personnes dument inscrites seront encadrées à la restauration des ouvrages ;
3/ des comptes rendus de travaux seront rédigés dans lesquels seront détaillés les éléments techniques ayant présidé à la restauration, dimensionnement et analyse des appareillages, présence et structuration des drains, etc.
Pour finir, deux aspects spécifiques, naturaliste et anthropologique, seront développés lors des travaux :
• récolte-inventaire des espèces présentes dans les murs, ce qui permettra une analyse naturaliste scientifique de ces ouvrages ;
• certaines personnes âgées encore en vie ont connu et utilisé cet espace comme jardin. Il nous semble donc important de récolter la parole de ces personnes ressources, cette parole historique peut apporter une profondeur pluri-générationnelle à ce projet.

Le site déboisé le 21 septembre 2019

Opération emblématique à suivre…