Santé

Extrait du Journal de FR3 consacré au colloque du 16-11-2018 :

Pour le détail du colloque se reporter à la rubrique ci-dessous.

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Colloque du 16-11-2018 : L’homme et l’animal face aux infrasons produits par les éoliennes

Auditorium du “Centre Sèvres” 35 bis rue de Sèvres 75006  Paris

9 H à 18 H

Colloque centré autour des nuisances éventuelles provoquées par les infrasons, associées aux bruits audibles ressentis par les riverains des très grandes éoliennes ou observées sur des élevages d’animaux situés à proximité des complexes éoliens

PROGRAMME_Colloque_du_16_novembre_2018

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Le tableau suivant retrace l’évolution des effets de l’éolien sur la santé des êtres vivants et plus particulièrement des hommes, avec la découverte du syndrome éolien.

  • Avril 1985 : Une étude de la NASA montre que les basses fréquences de 6, 8 et 11Hz d’une éolienne industrielle de 4MW conservent 80% de leur intensité à 10km de distance.
  • Mars 2006 : L’Académie de Médecine établit le risque “d’un traumatisme sonore chronique […] dont l’impact dépend directement la distance séparant l’éolienne des lieux de vie”. Il est demandé qu’aucune éolienne industrielle (>2,5MW) ne soit installée à moins de 1500 mètres des habitations.
  • Décembre 2009Dr Nina Pierpont décrit les pathologies constatées sur 10 familles / 38 personnes riveraines d’éoliennes industrielles de 1,5 à 3MW depuis 5 ans. On parle de «  Syndrome éolien » pour décrire des maux de tête, des troubles du sommeil, de l’ouïe, de la vue, du cœur et aussi vertiges et nausées…
  • Décembre 2012Quatre cabinets acoustiques indépendants co-signataires d’un rapport affirment « qu’il y a suffisamment de preuves pour classer les basses fréquences et infrasons éoliens comme un problème grave pouvant affecter l’avenir de la filière. »
  • Décembre 2012 : Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand précise que « l’étude d’impact doit contenir une évaluation des émergences spectrales à l’intérieur des habitations conformément à l’art. R.1334-32 du code de la santé publique (parc éolien Chazemais – Auvergne)  » [source]
  • Mai 2013 : le Tribunal de Justice du Portugal (Cour Suprême) ordonne le démantèlement d’éoliennes près d’une propriété d’élevage de chevaux suite aux malformations de poulains, aux dégradations de la santé de la famille, et d’une fatigue anormale d’un enfant de 12 ans.
  • Novembre 2013 : Suite aux constats d’un « mal physique et psychologique irréparable », le tribunal de Barnstable Massachussets aux USA ordonne d’arrêter 2 éoliennes de Falmouth de 19 h à 7 h du matin. Pour préserver les finances de la ville et les intérêts financiers de l’exploitant, un accord local a été conclu limitant cette réduction de 21 h à 5 h. [source2] [source3]
  • Avril 2014Un groupe d’experts mandaté par des promoteurs de l’industrie éolienne indique que « si le bruit se situe à des fréquences inhabituellement élevées ou basses, ou s’il contient des tonalités dominantes à basses fréquences, la pondération A (dbA) risque de ne pas donner une mesure valide » – la pondération A permet de réduire la valeur mesurée du son pour les fréquences élevées ou basses afin de refléter le bruit entendu par l’oreille humain.
  • Octobre 2014L’arrêté de la Ville Plympton Wyoming, en Ontario au Canada fixe à une amende de 500 à 10 000 $ par jour d’infraction à l’exploitant,  si :
    • les tests à l’intérieur des logements, avec instruments appropriés de mesure de pression du son de 0,1 Hz à 20 Hz, montrent que les infrasons sont excessifs,
    • les tests identifient les pics de passages des pales, des niveaux de pression de 50 dB ou + sur 1 à plusieurs minutes, des pics de pression excédant cette moyenne de 10 dB ou +,
    • la différence entre dBC et dBA ne devant pas être>à 15 dB dans ou hors du logement, 
    • la différence entre niveau non pondéré du son (incluant infrasons 0,1 Hz et +) et niveau pondéré A ne devant pas dépasser 20 db à n’importe quel point de mesure
  • Décembre 2014 : Résumé de vulgarisation des preuves scientifiques établies sur le sujet :
  • Février 2015 : L’Officiel Prévention confirme que les durées d’exposition longues et/ou d’intensité forte aux infrasons provoquent des pathologies graves et liste les effets physiologiques liés.
  • Février 2015 : Le groupe industriel Pacific Hydro en Australie reconnait le lien irréfutable entre les infrasons de ses propres éoliennes et symptômes ressentis.
  • Mai 2015 : Alerte sur les effets sanitaires néfastes des fréquences éoliennes inférieures à 1 Hz et les vibrations solidiennes générées par le mât des éoliennes qui se propagent jusqu’à 10 km.
    [source: Congrès à Frankfort mai 2015]
  • Mars 2016 : 168 témoignages de souffrances en France (sur un échantillon concerné de 500 personnes) présentés par la FED, Fédération Environnement Durable à l’ ANSES-
    P. Dugast, acousticien, rappelle : “Les éoliennes industrielles sont de plus en plus puissantes, plus lentes et produisant plus de basses fréquences et d’infrasons.”
    [source: Audition du 8 mars 2016 ANSES Groupe infrasons des éoliennes]

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LE CONSTAT : Rapport de septembre 2014 d’Alain BELIME :

La présente chronique est un résumé du rapport rédigé en septembre 2014 par M. Alain BELIME, expert en risques sanitaires. Le document dans sa version intégrale (70 pages).
Le rapport s’appuie sur les études conduites par des scientifiques et des spécialistes médicaux français, canadiens, américains…
Deux publications anglo-saxonnes de grande qualité scientifique, confortent les conclusions du rapport Bélime :

  • Christopher D. Hanning (médecin neurologue) « Wind turbine noise sleep and health” publication sur internet d’avril 2010 ;
  • Michael A.Nissenbaum (médecin épidémiologiste USA) “Effect of industrial wind turbine noise on sleep and health” Noise and Health septembre-octobre 2012.

I) Distance minimale entre éolienne et habitation :

L’Académie de médecine, dans son rapport du 14-03-2006 demandait que soit effectuée une enquête épidémiologique sur les conséquences sanitaires du bruit éolien sur les populations et, dans l’attente de cette étude, préconisait à titre conservatoire que soit suspendue la construction d’éoliennes d’une puissance > 2,5 MWh situées à moins de 1500m des habitations.
L’AFFSET (Association Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail) saisie du dossier constatant l’effet avéré sur le sommeil et la santé selon le bruit résiduel et la topographie à des distances de l’ordre du kilomètre n’a, à aucun moment envisagé l’idée qu’une distance de 500 mètres pourrait convenir et a émis un jugement critique sur les études d’impacts actuelles.
Pour autant la loi fixe la distance minimale entre éolienne et habitation à 500 m sans qu’une étude épidémiologique ait été menée et sans que le moindre consensus scientifique ait validé cette distance.
Les sénateurs ont pourtant adopté le 17-02-2015 un amendement fixant la distance minimale à 1000 m mais l’Assemblée Nationale est revenue en 2ème lecture le 15-04-2015 à une distance minimale de 500 m (susceptible d’être augmentée par arrêté préfectoral, au cas par cas, sur la base de l’étude d’impact).
A l’évidence le principe de précaution a été allègrement sacrifié au profit des intérêts économiques et financiers soutenus par un groupe de pression influent.

II) Nuisances sonores :

Elles résultent à la fois des bruits mécaniques et des bruits aérodynamiques :

  1. Les bruits mécaniques :
    Ils proviennent de la transmission et de l’alternateur. De nouvelles technologies ont réduit le bruit mais l’augmentation de la puissance des turbines et de la hauteur des mats ont plus que compensé cette atténuation.
    Le bruit produit atteint une fourchette 104 / 108 dBa au niveau de la nacelle et 39 / 44 dBa à 500 m. Il varie fortement selon le nombre d’éoliennes, la topographie, les vents dominants, le bruit ambiant…
    Il prend la forme de ronronnements et de sifflements audibles même à l’intérieur de l’habitation.
  2. Les bruits aérodynamiques :
    Ils sont causés par l’irrégularité des flux d’air et le changement de vitesse du vent. Les bruits émis par les éoliennes sont caractérisés par un large spectre de fréquence et une forte variation d’amplitude ce qui les rend particulièrement gênants.
    Les bruits sont en grande partie causés par le passage des pales devant le mat éolien (vitesse en bout de pale 250Km/heure) ce qui crée un bruit de type impulsionnel ( qui s’apparente à une détonation) Actuellement les constructeurs d’éoliennes n’ont pas trouvé de parade pour réduire ces émissions sonores.
  3. Conséquences des bruits sur la santé :
    Dans les environnements calmes les bruits éoliens dérangent le sommeil des riverains sur un mode chronique. Ces troubles du sommeil chroniques entrainent des somnolences diurnes et ont des conséquences sur la santé psychique des riverains jusqu’à une distance de 1,4 Kilomètre (étude épidémiologique de Nissenbaum aux Etats Unis)
  4. Les infrasons :
    Ils ont une fréquence < 20 Hz, trop grave pour être perçus par l’oreille humaine (fréquence audible dans la plage > 20 Hz et < 20MHz). Bien que l’oreille ne les entende pas ils peuvent être ressentis par le corps sous forme de pulsations ou de pressions plus particulièrement par la cage thoracique.
    La longueur d’onde des infrasons étant beaucoup plus grande que celle des sons, les sons ne sont pas retenus par les obstacles et peuvent se propager très loin à plusieurs Km.
    Différents rapports d’études démontrent l’émission d’infrasons autour des éoliennes avec des effets de nausée, de maux de tête, de malaises.
    Des exemples des nuisances d’infrasons sont connus : dans les transports (moteurs de navires), dans le bâtiment (climatisation d’immeubles de bureau), dans les engins spatiaux…

III) Nuisances visuelles :

En plus de l’atteinte aux paysages naturels, deux nuisances visuelles sont présentes
– les ombres mouvantes le jour : qui sont une gêne pour les riverains lorsque les rayons solaires sont interrompus par le passage des pales au lever ou au coucher du soleil.
En Allemagne certains Lander ont limité la durée d’exposition des riverains aux ombres mouvantes
– le clignotement des flashs blancs et rouges toutes les deux secondes de jour et de nuit crée une tension nerveuse qui s’additionne à la souffrance due aux bruits.

IV) Les symptômes du « syndrome éolien » :

Plusieurs rapports concordants dont le dernier en date de la « Royal Society of Medecine » du 08-10-2014 listent les constats cliniques effectués par les médecins sur des populations domiciliées à proximité des parcs éoliens :

  • Trouble du sommeil et cauchemar chez l’enfant ;
  • Maux de tête ;
  • Acouphènes (bourdonnements ou tintements dans les oreilles et à l’intérieur de la tête) ;
  • Sensation d’augmentation de la pression à l’intérieur de l’oreille ;
  • Vertiges (sensation du corps ou de la pièce qui tourne) ;
  • Nausées, transpiration ;
  • Troubles de la vue, accidents vasculaires oculaires ;
  • Tachycardie (accélération des battements du cœur, augmentation de la tension artérielle) ;
  • Irritabilité, dépression ;
  • Problèmes de concentration et de mémoire ;
  • Angoisses associées à des sensations de palpitation ou de frémissement interne.
    Ce syndrome éolien est la résultante de plusieurs nuisances : nuisances visuelles avec la présence de machines tournantes auxquelles s’ajoutent les nuisances sonores nocturnes et vraisemblablement une composante liée aux infrasons.

V) Quelle distance minimale de reculement recommander entre les éoliennes et les habitations ?

-Pour le Médecin Neurologue Christopher Hanning « La réduction des troubles du sommeil et des gênes à un niveau acceptable nécessite que les bruits éoliens ne dépassent pas un maximum de 35 dB(A) ou qu’une distance de reculement d’au moins 1,5 Kilomètres soit respectée. »
-Pour l’Epidémiologiste Michael Nissenbaum « Les émissions sonores des éoliennes industrielles perturbent le sommeil, créent des somnolences diurnes et ont des conséquences sur la santé psychique chez les résidents qui vivent à moins de 1,4 Kilomètres du parc éolien étudié. »

VI) Conclusions :

Sur la base des travaux de scientifiques, de médecins les nuisances dues aux éoliennes sont bien documentées et les effets néfastes sur la santé, pas seulement sur le plan auditif, démontrés.
Il est urgent que les riverains des parcs éoliens soient mieux écoutés et que les autorités diligentent des études complémentaires, confiées à des experts indépendants.
Principe de précaution oblige…

NB : Une victime locale des infrasons s’exprime dans l’article « Eolien et santé : témoignage »

EOLIEN ET SANTE V02 du 03 mai 2015
Santé syndrome eolien au pied du Mézenc