En termes simples

Pas besoin de technique, ni de formule de Betz, ou de classification de Mendéléiev pour essayer de savoir si l’éolien est vraiment « écologique ». En toute honnêteté on peut cependant essayer de le démontrer. Sans aller jusqu’à définir ce qu’est une production écologique, ce qui serait trop ambitieux, on peut quand même dire en termes simples qu’une production d’électricité nous semble être écologique si :

  • elle ne consomme pas de matière première ;
  • les investissements nécessaires à cette production et leur mise en place ne portent pas atteinte à l’environnement et la qualité de vie des habitants, de façon évidente et significative.

1- La production d’électricité éolienne est écologique dans le sens où elle ne consomme aucune matière première, c’est indiscutable, mais avec deux réserves :

  • la première : sur le terrain et selon sa puissance, les fondations d’une éolienne représentent entre 1 500 et 2 500 tonnes de béton armé, une masse compacte de béton et de fer qui restera pour toujours dans le sol. En outre, ces fondations peuvent entraîner dans certaines régions de graves perturbations au niveau des nappes phréatiques permettant l’alimentation en eau potable. Cet inconvénient étant beaucoup mieux connu maintenant, il n’est pas rare, surtout en zone de montagne, de rencontrer des oppositions  sur ce plan ;
  • la seconde : la fabrication des éoliennes nécessite l’emploi de terres rares qui actuellement sont produites presque exclusivement en Chine. La politique de prix de la Chine lui a permis d’éliminer quasiment les productions des Etats-Unis et de l’Afrique du Sud, pays où les normes environnementales de rejets sont nettement plus sévères. La purification avant d’arriver au produit fini exige en outre beaucoup d’étapes avec des rejets d’autant plus polluants qu’une radioactivité est associée aux concentrés de terres rares. La centaine de
    petites usines chinoises produisant les terres rares à Baotou rejetteraient leurs effluents dans le fleuve Jaune (selon Christian Hocquard du BRGM).
  • enfin la qualité de vie des habitants est atteinte si l’éolienne est à moins de 1500m et même au-delà pour certaines personnes (cas d’Hubert de Bonneville à St julien Chapteuil notamment du fait des ultra-sons)

Des oiseaux et chiroptères sont détruits par les éoliennes, c’est loin d’être anecdotique comme certains veulent nous le faire croire ! On trouve des chiffres dans des publications mais nous n’avons pas les moyens de juger de leur véracité, d’autant que la LPO n’attaque guère le lobby éolien.

Donc, production d’électricité écologique ? oui raisonnablement, mais beaucoup moins que certains l’affirment, sauf à considérer que ce qui se passe en Chine ou ce que subissent certains habitants du voisinage n’est pas à prendre en compte !

2- Consommation : les moyens de production d’électricité n’intéressent pas le consommateur car il veut d’abord que l’électricité dont il en a besoin soit disponible à tout moment ! Il consomme donc l’électricité en dehors des périodes de production des éoliennes, ces dernières produisant par intermittence et c’est là un grave handicap.

Lorsque l’éolien ne tourne pas et ne produit pas d’électricité, on doit en effet recourir à d’autres moyens de production (nucléaire, hydraulique, centrales thermiques, etc.). Le bilan global est alors plus difficile à appréhender car tout dépend de la situation du pays concerné et des moyens de production dont il dispose.

Deux exemples :

  • le Danemark : il y a 30 ans assurait sa production d’électricité presque exclusivement à partir de combustibles fossiles (charbon ou fuel). Aujourd’hui une part importante de sa production d’électricité étant assurée par les éoliennes, il a pu fortement réduire l’utilisation de combustibles fossiles. L’effet est donc totalement positif ;
  • l’Allemagne : elle s’est engagée sur la voie de la suppression totale du nucléaire. Pour y parvenir, outre l’éolien et le solaire, elle doit construire des centrales au charbon (surtout du lignite), au fuel ou au gaz, pour pallier à l’intermittence de l’éolien. Toutes choses égales par ailleurs, elle va donc augmenter ses rejets de gaz à effet de serre, une décision qui ne peut être jugée écologique !
  • la France : situation intermédiaire entre le Danemark et l’Allemagne, au niveau actuel de capacité éolienne (10400 MW fin 2015), il y a une faible diminution des rejets de gaz à effet de serre (essentiellement due à la fermeture de nos dernières centrales thermiques), donc effet positif.

L’accroissement des gaz à effet de serre contribue à l’élévation de température de la planète, avec à terme l’élévation prévisible du niveau des mers et peut-être même le déclenchement de conflits armés. Vous en avez sans doute déjà entendu parler, mais les média en parlent peu ou pas, l’essentiel étant qu’on supprime la part du nucléaire dans la production d’électricité!

 

Réflexion autour du cas allemand

L’Allemagne pouvant augmenter ses émissions de gaz à effet de serre (elle en rejette 62 % de plus par habitant que la France selon Eurostat en 2011) sans réprobation de la Communauté Européenne au moins, alors que l’émission de gaz à effet de serre est le problème mondial du 21 ème siècle (voir la conférence de Paris sur le climat en décembre 2015), cela devrait conduire à une sérieuse réflexion !

En ce 21 e siècle, comment se fait-il qu’un nombre réduit de personnes de l’élite intellectuelle, issues en majorité des classes dominantes, aient réussi à faire prévaloir leur point de vue sur tout un pays ?Il y a 50 ans, un écrivain américain avait popularisé aux États-Unis la notion de « complexe militaro-industriel » pour signifier que la politique des U.S.A. était définie en vase clos par les militaires et les industriels.

Quel nom va-t- il falloir trouver en France pour désigner ce pouvoir qui reste encore mal perçu par nombre de nos compatriotes ?

Nous attendons vos propositions !

René VALLA avril 2016

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X. BERTRAND : BFMTV le 14-08-2018

“Ca coûte les yeux de la tête, ça ne crée pas d’emploi et ça détruit nos paysages”