LA FACE CACHEE DE L’EOLIEN : MOINS VERT QU’ON NOUS LE VEND

ÉOLIENNES, LA FACE NOIRE DE LA TRANSITION ECOLOGIQUE

Ouvrage de Fabien BOUGLÉ

L’interview de France TV Info

 

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LA FACE CACHÉE DE L’ÉOLIEN

Moins vert qu’on nous le vend

 

Quel marqueur est utilisé par la publicité pour illustrer  l’écologie au sens large ? Fréquemment l’éolienne.

Les annonceurs qui surfent sur l’air du temps et les effets de mode en usent et en abusent.

Au crédit de cette idée :

  • Le vent, élément naturel présent partout à des degrés divers ;
  • La libre disposition de cette ressource censée être inépuisable et gratuite ;
  • L’absence de consommation de matière première pour produire de l’énergie.

Observons plus dans le détail l’image d’Épinal présentée.

Les éoliennes s’inscrivent dans un environnement vierge de toute habitation et partant d’occupants des lieux. Le mensonge par omission  n’est que l’élément avant-coureur d’une vaste manipulation visant à masquer une réalité peu ragoutante

1)Au plan de la construction-déconstruction de l’éolienne :

  • Les fondations d’une éolienne terrestre dont la hauteur dépasse 200 m en bout de pale (en constante augmentation du fait de la recherche d’un vent toujours plus fort) nécessitent un socle de 2000 à 3000 tonnes de béton armé qui reste toujours dans le sol même après démantèlement. Ces fondations peuvent entraîner de graves perturbations dans les nappes phréatiques et affecter la qualité de l’eau dans certaines régions ;
  • La construction de l’éolienne exige de nouvelles voies d’accès de large gabarit (passage des engins lors de l’installation) et la destruction parallèle des anciens chemins, des haies, de forêts, autant de facteurs concourant à l’artificialisation et à l’industrialisation de l’espace dans des zones à vocation rurale exclusive ;
  • La fabrication des éoliennes nécessite l’emploi de terres rares produites presque exclusivement en Chine. Le dumping sur les prix de ce pays lui a permis d’éliminer quasiment les productions des Etats-Unis et de l’Afrique du sud, pays où les normes environnementales de rejet sont nettement plus sévères. La purification préalable à l’obtention du minerai « fini » s’effectue en diverses étapes avec des rejets d’autant plus polluants qu’une radioactivité est associée aux concentrés de terres rares. Dans son essai « la guerre des métaux rares : la face cachée de la transition énergétique » paru en 2018 Guillaume Pitron  démontre que les énergies dites propres dépendent de minerais rares dont l’exploitation est sale et ampute des richesses du sous-sol vieilles de milliards d’années, non renouvelables ;
  • Le recyclage de l’éolienne en fin d’activité : en fibre de verre ou de carbone les pales sont aujourd’hui difficiles à recycler. Compte tenu de la durée de vie moyenne des éoliennes (20 à 30 ans) 50000 tonnes de pales rebutées sont attendues d’ici 2020. Aucun procédé de valorisation des pales en carbone en fin d’exploitation n’existe à ce jour.

 

2) En phase de fonctionnement :

21) Agrément de vie et santé publique :

L’écologie s’entend comme la science étudiant les êtres vivants dans leur environnement. La santé (selon l’Office Mondial de la Santé) « est un état de complet  bien- être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

S’agissant de l’homme il recherche naturellement un cadre de vie agréable dans lequel il peut s’épanouir. Affecter cette situation ne peut être vécu que comme une dégradation avec les conséquences négatives qui y sont attachées.

En ce sens l’implantation d’éoliennes à proximité de son habitation est ressentie au minimum comme une forte gêne ou un enfer pour les personnes qui souffrent des sons à basse fréquence et des infrasons.

Le choix des gouvernements successifs de fixer la distance minimale entre éolienne et habitation à 500 mètres en France et de la maintenir alors que les machines ont des dimensions de plus en plus gigantesques ne repose pas sur un souci marqué de santé publique.

L’académie nationale de médecine en 2006 a recommandé l’implantation des éoliennes de puissance supérieure à 2,5 MW à une distance minimale de 1500 mètres.

Cette norme ou celle encore plus exigeante dite H 10 (distance définie par la multiplication par 10 de la hauteur en bout de pale) a cours dans de nombreux pays. Pourquoi la France, pays où le principe de précaution est souvent mis en avant (par les écologistes entre autres) le méconnait en l’espèce ?

Vous trouverez des développements plus approfondis sur le sujet dans les rubriques  du site « syndrome éolien en Mézenc » et « éolien et santé »

 

22) Sauvegarde de la biodiversité :

L’écologie s’entend comme la science étudiant les êtres vivants dans leur environnement. Il s’agit donc en premier lieu d’assurer la sauvegarde des espèces, plus encore si elles sont en danger et classées dans la liste rouge des espèces menacées de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) a publié en juin 2017 une étude nationale sur la mortalité des oiseaux due aux éoliennes. Il en ressort une mortalité entre 0,3 et 18,3 oiseaux par éolienne et par an (fourchette très large à comparer aux données des Etats-Unis 5,2 et au Canada 8,2). Cette fourchette révèle une grande hétérogénéité létale entre les parcs avec une prévalence dans ceux situés à proximité des zones de protection spéciale (ZPS), multiplicateur de 2. 81 % des cadavres retrouvés appartiennent à des espèces protégées ou présentant une préoccupation majeure quant à leur état de conservation. Les passereaux migrateurs sont particulièrement impactés ainsi que les rapaces diurnes (les plus touchés rapportés à leur population.

Pour des motifs qui ne seront pas développés la LPO ne peut être accusée de surévaluer les effets négatifs de l’éolien sur l’avifaune.

Les chiroptères dont la population décroit et dont plusieurs espèces sont menacées sont victimes en masse des éoliennes par collision avec les pales lors des migrations ou lors de leurs activités de chasse  ou par barotraumatisme (phénomène de surpression interne mortelle à proximité des aérogénérateurs). La mortalité (collision + barotraumatisme) est évaluée entre 0 et 69 chauves-souris par éolienne et par an. Les facteurs influençant ces données sont mal appréhendés.

Les recommandations Eurobats (accord tendant à fixer des normes européennes) proscrivent les installations des éoliennes en forêts quelles que soient les essences ni à une distance inférieure à 200 mètre des lisières compte tenu des risques qu’implique ce type d’emplacement pour toutes les chauves-souris. Pourtant bien connues des opérateurs ces recommandations sont allègrement bafouées. Exemple le plus récent dans le projet des Vastres avec des éoliennes en espace forestier.

 

23) Eoliennes et bilan carbone :

Bien que cette caractéristique soit volontairement masquée par utilisation du terme « renouvelable » l’éolien est une source d’énergie intermittente même très intermittente si l’on considère qu’elle n’est productive à concurrence de moins d’un quart de temps. Cela veut dire que pour plus de trois quarts du temps elle doit être suppléée  (back up) par une ressource pilotable rapidement mise en action. Il s’agit de centrales à flammes alimentées par une énergie fossile, pétrole et plus fréquemment désormais gaz.

Quelles conséquences d’un développement de l’éolien dans le mix énergétique ? il dépend largement du mix initial. Deux exemples :

  • Le Danemark : Le pays assurait il y a 30 ans sa production électrique presque exclusivement à partir de combustibles fossiles (charbon ou fuel). S’appuyant sur des facteurs spécifiques (population réduite, économie la plus tertiarisée du monde, front littoral balayé par les vents maritimes) il a fortement développé sa production éolienne qui assure désormais plus de 40 % des besoins électriques du pays. Cette croissance a permis de réduire l’utilisation des combustibles fossiles qui reste toutefois significative (le pays dispose de réserves importantes en mer du Nord) avec un bilan CO2 en retrait.

Globalement l’effet de substitution peut être jugé positif.

  • L’Allemagne : Le pays s’est engagé sur la voie de la suppression totale du nucléaire. Pour y parvenir outre l’éolien et le solaire elle doit construire des centrales au charbon (surtout du lignite), au fuel ou au gaz pour pallier l’intermittence de l’éolien. Toutes choses égales par ailleurs, elle va donc augmenter ses rejets de gaz à effet de serre. Un choix qui ne peut être jugé écologique !

La France se trouve dans un contexte spécifique en raison de la part dominante prise par le nucléaire non carboné. Remplacer du nucléaire par des énergies renouvelables conduit à accompagner cette mutation par la construction de centrales à flamme avec des conséquences négatives : coûts directs et indirects (réseau), fragilité économique desdits équipements fonctionnant à temps partiel, bilan carbone dégradé, facture alourdie pour les consommateurs (fort différentiel négatif pour le consommateur allemand par rapport au français).

En2017 la production d’électricité allemande  a généré près de 10 fois plus de CO2 par KWH que la production français (420 grammes de CO2 / KWH contre 53 grammes de CO2 / KWH en France).

L’émission des gaz à effet de serre étant reconnue comme responsable du réchauffement climatique et à ce titre problème mondial pour la planète  du 21ème siècle (Conférence de Paris de décembre 2015 sur le climat)  les arbitrages entre sources d’énergie devraient être dictés par la priorité majeure.

Il n’en n’est rien.  La communauté Européenne, les gouvernements nationaux (à quelques exceptions près)  promeuvent quelles que soient les spécificités locales un fort développement des énergies renouvelables comme la solution miracle.

Ils sont soutenus (inspirés) par un courant de pensée minoritaire mais agissant, des médias dévoués à la cause, par des associations « amies » partageant la même idéologie (tout sauf le nucléaire), par un lobby industriel prompt à profiter de la rente qui compte dans ses rangs  des entreprises européennes  les plus puissantes..

Toutefois ce conglomérat combinant idéologie et business peine à justifier une croissance massive du prix de l’électricité dont  la part importante des impôts et taxes liés, contrepartie d’un subventionnement déraisonnable, face à une population dont près de 15 % est en situation de précarité énergétique (France).

 

MR 02-2019

Illustration Journal Sud-Ouest


 

XAVIER  BERTRAND : BFMTV le 14-08-2018

“Ca coûte les yeux de la tête, ça ne crée pas d’emploi et ça détruit nos paysages”