Un parc de cinq éoliennes supplémentaire aux confins de la Haute-Loire, de l’Ardèche et de la Lozère

 La Commère 43 du 29-10-2026

 

C’est devant une assistance plutôt réduite que la société Boralex, a dévoilé en mairie de Lesperon les caractéristiques du projet de parc éolien qu’elle mène depuis 2020 aux limites des départements de la Haute-Loire et de l’Ardèche. Les élus d’une bonne douzaine de communes des trois départements avaient été conviés, celles situées dans un rayon de 6 km autour du projet.

Cet opérateur éolien compte édifier cinq unités supplémentaires entre deux parcs d’EDF Power Solutions : celui de Lesperon exploité depuis 2017 et celui récemment autorisé à Pradelles, actuellement contesté en justice.

Deux éoliennes doivent être installées sur des terrains privés de la commune de Saint-Paul de Tartas (bois de La Fayette et ses abords).  L’implantation des trois autres est prévue sur Lesperon (Ardèche), dans des parcelles boisées il y a une cinquantaine d’année, de part et d’autre de la D110 conduisant à Coucouron, à des altitudes s’étageant de 1250 à 1300 m.

Il s’agira de machines d’une hauteur de 200 m en bout de pale, plus élevées que celles des parcs EDF voisins (126 m à Lesperon et 142 m prévus dans la forêt de Pradelles).

Boralex fait valoir que son projet s’intégrera sans difficulté dans le contexte éolien existant. Les localités placées à l’ouest de la ligne de crêtes ne subiront pas d’impact visuel. A l’est, le projet sera largement visible depuis le bourg de Saint-Paul-de-Tartas et ses villages et depuis d’autres villages relevant des communes de Coucouron et de Lavillatte (Belvezet particulièrement).

Pour ce qui est de la biodiversité, l’opérateur assure que ses études naturalistes ont permis d’appréhender au maximum les enjeux du site et de dessiner un parc éolien avec ses emprises (chemins, poste de livraison, citernes etc.) le moins impactant possible.

 

 

La position de l’association « Pas d’éoliennes à la Chabassole »

L’association « Pas d’éoliennes à la Chabassole » dénonce la surdensification des aménagements éoliens dans notre région. Dans l’attente de sa publication, l’association s’était abstenue de se prononcer sur ce projet qui aurait pu constituer une alternative recevable au projet d’EDF à Pradelles dont elle demande l’annulation.

Plusieurs éléments la conduisent aujourd’hui à devoir s’opposer aux aménagements de Boralex. “Au niveau de la biodiversité, deux études conduites respectivement par EDF et l’ONF dans le cadre du projet de Pradelles avaient conduit à exclure la zone du bois de la Fayette de tout aménagement éolien en raison du trop fort impact environnemental sur la faune et la flore de ce secteur doté d’espèces protégées de forte valeur patrimoniale et d’un indice très élevé de biodiversité potentielle.”

“De plus, en opérant la jonction de deux parcs éoliens, le positionnement des éoliennes constituera un barrage étanche au couloir de migration du col de la Fayette et accroitra considérablement l’effet barrière de cette ligne de deux dizaines de machines.”

“Enfin, le recours à des éoliennes de très grande taille, équivalant à des immeubles de plus de 50 étages, ne permettra pas à ces aménagements de s’intégrer dans les paysages. Comme celles des parcs voisins, elles seront en covisibilité avec l’église classée de Saint-Paul-de-Tartas qui va devoir faire face à 21 éoliennes.”

 Pour la municipalité de Saint-Paul-de-Tartas

Prenant le contrepied de ses prédécesseurs, la municipalité de Saint-Paul-de-Tartas avait délibéré dès son installation pour exprimer son soutien au parc éolien de Pradelles et interdire à Boralex de plus amples prospections sur son territoire. Mais il apparaît qu’aujourd’hui, pesant le pour des compensation et le contre des impacts visuels, sa position n’est plus aussi tranchée.

Boralex a prévu de déposer son projet en préfecture avant la fin de l’année 2026.

Lien sur le site de Boralex : https://fr.boralex.com/fr/projets-et-sites/eolien-lesperon-la-fayette