Entomofaune

Définition de Wikipédia :

L’entomofaune (ou faune entomologique) est la partie de la faune constituée par les insectes qui comprend les aptérygotes qui se caractérisent par l’absence d’ailes, et les ptérygotes.

L’entomofaune désigne la totalité de la population d’insectes présents dans un milieu.


OPINIONS

Hugues Mouret: «Il faut laisser un peu la nature en paix»

Hugues Mouret a fait de sa passion un métier, en fondant Arthropologia. Il défend notamment le rétablissement d’habitats pour les insectes et l’arrêt des pesticides.

L e Progrès du 18-05-2022 Propos recueillis par Muriel FLORIN – 
 
À Arthropologia, on mène des actions concrètes de protection de la biodiversité. Hugues Mouret en est le fondateur et le directeur scientifique
Photo Progrès /Richard MOUILLAUD

À quoi servent les insectes ?

Si je réponds simplement, ils servent à faire vivre la planète en assurant des fonctionnalités écologiques essentielles. Si je détaille, ils nourrissent de nombreux animaux (crapauds, chauve-souris, oiseaux…). Ils recyclent la matière organique, indispensables aux plantes. Ces plantes vont nourrir les herbivores, mangés par les carnivores… Les insectes pollinisent les plantes sauvages et cultivées et permettent donc leur reproduction. Si on enlève les céréales, qui représentent un gros volume, 75 % de notre nourriture végétale dépend d’eux. Sans les insectes, il n’y aurait plus de plantes, plus de nourriture… La chaîne s’effondrerait.

Ils sont très nombreux, très utiles, très anciens. Et pourtant en danger. Pourquoi ?

Ils représentent en effet 60 % des 2,4 millions d’organismes vivants connus à ce jour. Quatre animaux sur cinq sont des insectes. Les premiers sont apparus il y a 400-450 millions d’années. Ils ont survécu à toutes les grandes crises du vivant, bien mieux que les dinosaures. Le problème actuel, c’est la vitesse des changements. Depuis environ 70 ans, l’homme intoxique tous les milieux et détruit les habitats naturels. Ce sont les deux principales causes de l’effondrement de la biodiversité.

Qu’est-ce qui nuit particulièrement aux insectes ?

En un siècle, on a détruit entre 1,5 et 2 millions de kilomètres de haies en France… c’est 40 à 50 fois le tour de la terre. Et chaque année, on continue à effacer du paysage plus de 10 000 kilomètres, soit plus que ce qui est planté. Pourtant ces haies sont indispensables, elles servent de corridors, de refuges, d’espaces de nourrissage, de reproduction… On a aussi drainé 70 % des zones humides, un des milieux les plus riches.

Ils souffrent aussi des pollutions industrielles, domestiques, agricoles, ou dues aux transports, lesquelles ne cessent d’augmenter. Aujourd’hui, il y a du plastique partout. Dans l’air, dans l’eau, dans les végétaux. On en absorbe chacun cinq grammes par semaine, le poids d’une carte bleue !

L’embrasement climatique est d’ailleurs une conséquence de l’effondrement du vivant. Pourtant, lors de la dernière campagne présidentielle, 3 % du temps de parole a été consacré au changement climatique et dix fois moins pour la biodiversité !

Aussi, 40 % des insectes pourraient disparaître dans les prochaines décennies.

Mesure-t-on leur disparition ?

Contrairement à nous, les insectes se reproduisent en très grand nombre et beaucoup d’adultes et de larves sont mangés. Mais quand leurs prédateurs disparaissent, cela profite à certains groupes qui prolifèrent. Ce sont notamment les insectes qui se nourrissent de déchets, qui vivent dans les eaux usées, tels que les moustiques, les mouches, les blattes. Si les tiques pullulent, c’est aussi parce que les rongeurs qui les hébergent se multiplient tandis que leurs prédateurs – renards, rapaces, serpent- sont moins nombreux On a tendance à vouloir simplifier le monde, alors qu’il fonctionne justement parce qu’il est complexe ! Une étude publiée en 2019 indique qu’en dix ans, les deux tiers de la biomasse ont disparu, 8 individus sur dix et un tiers des espèces. Aussi, 40 % des insectes pourraient disparaître dans les prochaines décennies.

Est-il trop tard ?

Nul ne sait si nous avons atteint le point de non-retour. Même si je suis pessimiste, j’ai espoir pour deux raisons : d’une part la population humaine est capable de changement radical lorsqu’elle se trouve au pied du mur. D’autre part la nature est résiliente. Lorsqu’on la laisse tranquille, elle reprend très rapidement sa place.

Que faut-il faire ?

Cesser les pollutions, l’artificialisation, l’uniformisation, partager le territoire et les ressources, arrêter de vouloir tout gérer… Quand on a une pelouse, ne pas tondre mais faucher et pas tout d’un coup, pour conserver des ressources. Laisser de la place aux arbres car ce sont eux qui pourront nous sauver : ils captent le CO2, remplissent les nappes et restituent fraîcheur et humidité en période de canicule… Or on en coupe encore 15 milliards chaque année et on continue de détruire des forêts tropicales pour produire de l’huile de palme ou pour planter du soja génétiquement modifié.

Faut-il changer de modèle agricole ?

Oui, et urgemment ! C’est un des principaux postes d’intoxication du vivant. On ne peut pas continuer ainsi au nom d’intérêts économiques ou pour obéir à des lobbys. On a payé pendant des années des paysans à détruire des haies et boisements, et aujourd’hui on ne rémunère pas correctement leur travail, leurs produits. Un tiers d’entre eux gagne moins de 350 euros et 20 % n’ont même pas de revenus ! En parallèle, on produit davantage que ce que la population mondiale peut consommer en utilisant certains pesticides qui sont 5 000 à 10 000 fois plus toxiques que le DDT. Un gramme de néonicotinoïdes peut tuer des centaines de milliards d’insectes, alors qu’il existe toujours des alternatives ! Il faut arrêter d’avoir cette vision à court terme, produire sans intoxiquer l’environnement, laisser un peu la nature en paix et parfois seulement regarder tranquillement l’herbe pousser. Nous pouvons tous agir, partout, tout le temps.

Convaincre qu’il faut observer, aimer et protéger les insectes, c’est un peu mon sacerdoce Le Progrès/ Richard Mouillaud

Arthropologia : passion insectes

Arthropologia est une association de protection de l’environnement qui agit au quotidien pour le changement des pratiques et des comportements en menant des actions concrètes en faveur de la biodiversité. Implantée à la Tour de Salvagny, près de Lyon, elle a été co-fondée par Hugues Mouret, qui en est le directeur scientifique. « Tout petit, dans la Dombes, je passais mon temps à regarder les petites bêtes, dans la nature. Je n’étais pas fait pour rester sur une chaise… » explique aujourd’hui celui dont la passion, à 48 ans, est toujours aussi vivace. « Convaincre qu’il faut observer, aimer et protéger les insectes, la nature, c’est un peu mon sacerdoce ».

 


L’Hebdo de l’Ardèche du 19-08-2021


Biodiversité : « Il y a d’innombrables enseignements à tirer des insectes », plaide un chercheur qui tente d’enrayer le déclin de ces espèces

INTERVIEW Philippe Grandcolas, directeur de recherche au CNRS, explique à « 20 Minutes » comment changer la perception que nous avons des insectes afin d’enrayer le déclin de certaines espèces

Propos recueillis par Mathilde Cousin

Une libellule à Sichuan, dans le sud ouest de la Chine, le 2 octobre 2020.
Une libellule à Sichuan, dans le sud ouest de la Chine, le 2 octobre 2020. — CHINE NOUVELLE/SIPA
  • « Il est urgent d’agir » face au déclin des insectes, avertissent une dizaine de chercheurs français dans une nouvelle étude passant en revue les connaissances actuelles sur le sujet.
  • Pour enrayer le phénomène, l’une des pistes est de changer la perception que nous avons de ces espèces, souligne auprès de 20 Minutes Philippe Grandcolas, un des coauteurs.
  • L’étude, que 20 Minutes a pu consulter en avant-première, propose également la création d’une fondation pour unir les « bonnes volontés » désireuses de s’allier sur ce sujet.

On le sait, ces bêtes à la mine pas forcément sympathique ont leur rôle à jouer dans l’écosystème et sont, pour certaines espèces, menacées. « Déclin des insectes, la mort à petit feu », titrait à ce sujet au début du mois une équipe de chercheurs américains dans PNAS, la revue de l’Académie américaine des sciences.

Ce mardi, ce sont leurs homologues français qui dressent un constat similaire. « Bien que difficiles à quantifier, la disparition des espèces et la réduction de leurs populations sont avérées et communes à de nombreux écosystèmes », écrivent une dizaine de chercheurs, dans une étude publiée dans La Revue de l’Académie des sciences, que 20 Minutes a pu consulter. Leurs travaux passent en revue les connaissances actuelles sur ce déclin et fournissent des pistes pour l’enrayer, telles que « des suivis à long terme des populations », la réduction de « l’usage des insecticides de synthèse » et la préservation des « habitats naturels ».

Surtout, cette équipe propose de changer notre perception des insectes pour freiner ce déclin. Vaste tâche ? 20 Minutes a demandé à Philippe Grandcolas, l’un des coauteurs de l’étude et directeur de recherches au CNRS, de nous éclairer.

Pourquoi recommandez-vous d’« inventer une nouvelle relation de l’homme à l’insecte » ?

Philippe Grandcolas est directeur de recherche au CNRS.

Le problème des insectes, c’est qu’ils sont perçus comme des anges ou des démons. C’est caricatural et n’a rien à voir avec la réalité. On ne peut pas avoir une attitude où l’on supprimerait les « méchants » et on garderait les « gentils ». Supprimer une espèce d’insectes en particulier est quasiment impossible au plan matériel. Même avec des méthodes épouvantables, on n’y arriverait pas sans provoquer des effets néfastes pour les humains et des effets cascades négatifs sur le restant de la biodiversité. De plus, l’expérience montre que des espèces néfastes à certains moments peuvent avoir des rôles positifs à d’autres, et inversement. La gestion des insectes est plus une question d’équilibre à trouver qu’une question essentielle de nuisibles ou d’auxiliaires.

L’interventionnisme à tout va dans les écosystèmes est toujours dangereux, parce qu’on risque de provoquer des effets inattendus délétères. Il vaut mieux essayer d’intervenir au minimum, de manière raisonnée et, si possible, quand l’on sait que des problèmes graves vont réellement se poser, d’où la totale inadéquation des traitements en aveugle, comme les graines enrobées de pesticides.

D’où cette vision caricaturale des insectes vient-elle ?

Il y a un aspect culturel : chaque pays a sa culture, sa relation à la nature dont il se considère plus ou moins partie prenante. Il y a aussi un phénomène assez classique dans de nombreux domaines culturels, c’est l’essentialisation : quand on est confronté à une réalité extraordinairement complexe, on ne peut pas l’appréhender. Aucun esprit humain n’est capable de connaître tous les insectes et leur biologie exacte, même en métropole. Il y a 40.000 espèces d’insectes rien que sur ce territoire !

Aucun scientifique ne peut se targuer d’avoir une vision à la fois globale et précise sur l’ensemble des insectes, et encore moins une personne qui ne connaît pas spécialement ce sujet. On a donc besoin de représentations qui sont forcément simplifiées. En simplifiant, on peut s’éloigner de la réalité et finir par croire en nos représentations au lieu de les questionner en permanence, comme doivent le faire les scientifiques.

Vous présentez des pistes concrètes pour changer cette mauvaise image des insectes, comme l’alimentation…

Il y a effectivement quelques possibilités pour utiliser les insectes pour l’alimentation des animaux domestiques. Bien évidemment, l’idée n’est pas de reproduire les errements qu’il y a eu ces dernières années avec des alimentations animales absurdes et dangereuses, mais plutôt de compléter le régime des espèces dans lequel les insectes prennent une part naturelle. Les rendements d’élevages d’insectes sont exceptionnels, aussi bien en termes de production qu’en coûts environnementaux, puisqu’ils génèrent relativement peu d’émissions de gaz à effet de serre et occupent peu d’espace naturel. C’est une piste intéressante, ce n’est pas du tout la seule.

Surtout, les insectes sont une source incroyable d’idées, dans des domaines très variés, comme des aspects organisationnels ou algorithmiques – avec des systèmes de guidage des appareils aériens, des algorithmes de position ou de régulation du trafic –, ou pour la conception de matériaux extraordinaires hydrophobes ou optiques… Il y a d’innombrables enseignements à tirer des insectes, ce qui est assez logique : avec plus d’un million d’espèces et 400 millions d’années d’évolution, on a des chances d’observer un peu plus d’innovations qu’avec un petit groupe d’organismes récents.

Au plan symbolique, vous soulignez qu’il est intéressant de changer la façon dont on raconte le monde des insectes. Vous pointez en particulier le rôle des enseignants ou des artistes. De quelle manière pourraient-ils être impliqués ?

Ces dernières années, le sujet a pas mal été visité : il y a eu des livres, des dessins animés, des films naturalistes extraordinaires sur les insectes. Mais pas encore à la mesure de la diversité des insectes ! Il faut imaginer des actions pédagogiques et artistiques concrètes dans lesquelles on ne cherche pas à glorifier l’insecte médiatique, mais dans lesquelles il devient sujet réel. Le fait de l’utiliser amène à mieux le connaître, le rend familier et, par association, peut le rendre acceptable.

Vous proposez la création d’une Fondation de l’insecte. Quel rôle aurait-elle ? Qui seraient ses membres ?

L’intérêt d’une fondation, ce n’est pas seulement le fait d’avoir une organisation qui prend en charge une mise en valeur d’un sujet, c’est aussi de mettre en contact différentes parties de la société, d’arriver à en réconcilier et faire travailler ensemble différents secteurs. Je le vois en tant que scientifique. Je suis souvent amené à faire des conférences auprès de publics variés, et, à chaque fois, je me rends compte qu’il y a une réelle demande, parfois de plus de prise de contact, de participation à un projet, que juste d’information.

Il y a des actions collectives que les gens de bonne volonté peuvent mener. Nous sommes aujourd’hui dans une société médiatisée qui encourage la participation avec notamment les médias sociaux. Le mauvais côté, on le sait, ce sont les discours sans filtre, la haine, les fake news. Le bon côté, c’est la capacité à prendre contact efficacement pour conduire ensemble des actions positives au plan sociétal.

L’appel que l’on fait, c’est que des fondations existantes se mobilisent sur le sujet des insectes et que les réflexions aboutissent à un changement d’échelle dans les projets ou les mesures envisagés.


Y-a-t-il réellement moins d’insectes ?

Vidéo extraite d’un article de Jean Haxaire mis en ligne le 25-02-2020 Museum de Toulouse.

Pour accéder à l’intégralité de l’article ouvrir  le lien ci-dessous

https://www.museum.toulouse.fr/-/le-declin-des-populations-d-insectes-du-fantasme-a-la-realite-chiffree-

 


Les ptérygotes :

L’azuré des mouillères ou le protée :

Petit papillon de jour des milieux humides

Statut de conservation UICN = NT soit quasi-menacé

Espèce protégée en France et en Europe.

Responsabilité particulière de l’Auvergne dans sa conservation : “dans l’état actuel des connaissances les populations les plus importantes de France et parmi les plus importantes d’Europe”.

Le dessus du mâle est de couleur bleu terne ; brun grisâtre pour la femelle.

Le revers est ocre orné de points noirs cerclés de blanc.

Le papillon Azuré des mouillères hiverne à l’état de chenille.

Les chenilles sont nourries par des fourmis.

il débute son développement dans une plante hôte : la gentiane pneumonanthe ou la gentiane asclepiadea.

Il vole en une génération de mi-juin à mi-août.

Il est présent sur le site du projet éolien des Vastres.

L’azuré des mouillères est menacé par l’assèchement des prairies et autres zones humides, l’enrésinement des biotopes.

L’abandon des prés à litière et des pratiques traditionnelles entrainent la fermeture des milieux qui constitue une menace majeure pour l’espèce.


 

 


Les aptérygotes :

Les Aptérygotes comprennent les 5 ordres d’Hexapodes primitivement sans ailes ni métamorphoses : Collemboles, Protoures, Diploures, Archéognathes et Zygentomes.